Golondrina sobre el mar (Original Mois Benarroch)

Conocí la palabra golondrina
Antes de ver un pájaro
Venía de la boca de mi madre
Y de un verso de Bécquer.
Me gustaba mucho la palabra golondrina
Y no me parecía oscura
Pero el pájaro oscuro
Me asustaba..
Hoy ya soy
Una palabra golondrina
Y aunque no sea oscuro
Ni sepa volar
Me siento más golondrina que hombre
Sobre todo
Cuando planeo sobre el mar.

Si hay que escribir el poema que sea un puñal
Que sea una espada, que atreviese el globo
Que sea un martillo, que dé golpes, que brinque
Que se ponga sobre los árboles y chille, que sea
Una haza, un trueno, que sea un relámpago
Que sea una bomba, que sea un terremoto,
Que sea
Tormenta.

Pero no hay que escribir el poema
Se escribe solo
Cuando dejas el pensamiento dormir
Cuando el poeta deja a las palabras hablar
Dulces como la larva que se convierte en mariposa.
Saladas como el río que se convierte en mar
No hacen falta bombas
Ni caricias de las mujeres ajenas
Ni compasión de ricos,
Amante que me llevaste de tu mano a un taxi ajeno
Llévame ahora a las lisas praderas de tus años.
Prefiero estar lejos de ti
Que cerca de nadie.

Como el amputado
Que se define
Por el miembro
Ausente

Así yo
Me defino
Por mi distancia
De ti
Más
Tu distancia de mí.
Has cambiado, no andas igual
Tu sonrisa no es la de ayer
Tu mirada llega más lejos
El horizonte ya no es un límite

Has
Cambiado,
El camino ya no es el mismo
Ni los zapatos dicen las mismas palabras.
Te atas a lo conocido
Pero alrededor tuyo
Todos se dan cuenta:
Has cambiado.

Hirondelles sur la mer (Version française Rosa Ramos)

J’ai connu la parole hirondelle
Avant avoir vu un oiseau
Provenais de la bouche de ma mère
Et d’un vers de Bécquer.
J’aimais déjà beaucoup la parole hirondelle
Et elle ne me semblait pas obscure
Mais l’oiseau foncé
Me faisait peur
Aujourd’hui je suis déjà
Une parole hirondelle
Même si je ne suis pas obscure
Et je que ne sais pas voler
Je me sens plus hirondelle que homme
Sur tout
Quand je plane sur la mer.

S’il faut écrire le poème qu’il soit poignard
Qu’il soit une épée, que traverse le ballon
Qu’il soit un marteau, qui donne des coups, qui saute
Qu’il se mette sur les arbres et qu’il criaille, qu’il soit
Un lopin, un tonnerre, qu’il soit un éclair
Qu’il soit une bombe, qu’il soit tremblement de terre,
Qu’il soit
Orage.

Mais il ne faut pas écrire le poème
Il s’écrit tout seul
Quand tu laisses la pensée dormir
Quand le poète laisse aux paroles parler
Douces comme des larves qui deviennent papillons.
Salées comme le fleuve que deviens mer
Pas besoin des bombes
Ni caresses de femmes d’autrui
Ni compassion des riches,
Amoureuse tu m’as amené de ta main vers un taxi étranger
Amené-moi maintenant aux lisses prairies de tes années.
Je préfère être loin de toi
Que près de personne.

Comme l’amputé
Qui se définis
Par le membre
Absent

Je suis comme ça
Je me définis
Par ma distance
De toi
Plus encore
Ta distance de moi.
Tu as changé, tu ne marches pas pareil
Ton sourire n’est plus celui d’hier
Ton regard va plus loin
L’horizon n’est plus la limite

Tu as
Change,
Le chemin n’est plus le même
Et même les chaussures ne dissent plus les mêmes paroles.
Tu t’attaches au connu
Mais autour de toi
Tout le monde le voit:
Tu as changé

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