3. (Original Mois Benarroch)

En mi exilio
con mi túnica
mis metralletas
mis fortunas
mis pistolas
mis negaciones
mis abstracciones
mis memorias
mis olvidos
mil recuerdos
mil nombres
mil consuelos
mil regaños
mil años
en mi exilio
maletas llenas de juguetes
maletas con asas rotas
en mi exilio
manos extendidas hacia mí
para desaparecer de pronto
zapatos no calzados
de pies no andados
en mi exilio
extraterrestre
en mi exilio
lleno de aviones
de barcos
de carreteras
lleno
de caminos anclados
en casas desaparecidas
en mi exilio
rezando y en cada poema
encontrando
otra casa y otro exilio
otro cariño
súbitamente congelado
mi exilio
es una memoria
mil veces borrada
inflada hinchada
explotada destruida
y mil veces
vuelve a flotar
desde el fondo del mar.

3. (Version française Rosa Ramos)

Dans mon exil
avec ma tunique
mes mitraillettes
mes fortunes
mes pistolets
mes négations
mes abstractions
mes mémoires
mes oublis
mille souvenirs
mille noms
mille consolations
mille réprimandes
mille ans
dans mon exil
valises pleines de jouets
valises avec des anses cassées
dans mon exil
mains tendues vers moi
pour disparaître bientôt
chaussures non chaussés
de pieds non marchés
dans mon exil
extraterrestre
dans mon exil
plein d’avions
des bateaux
des routes
plein
de chemins ancres
en maisons disparues
dans mon exil
priant et dans chaque poème
trouvant
un autre maison et un autre exil
une autre amour
subitement congelé
mon exil
est une mémoire
mille fois effacé
insufflé gonflé
exploité détruite
et mille fois
il à flotté
depuis le fond de la mer.

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2. (Original Mois Benarroch)

Esta casa no es mi
casa, desde mi ventana no
veo los montes que me
incitaron a crecer
no veo la jefatura
no veo la policía
no veo moros
A veces veo al árabe
que se escapó asustado
con sus padres de esta casa
con todos sus ocho años
hoy tiene cincuenta
su hijo está en la cárcel
a veces lo veo en mis sueños
lo veo niño y envejeciendo
el día que se escapó
dejando la cama todavía caliente
el vacío fue llenado
por un judío sefardita
que vivía en una cabaña
cerca de esta casa
y que venía de Rumania
después de haber sido expulsado
de Granada,
Era invierno y hacía frío
después llamó a su primo
y le dijo que viniera
la casa era grande
y tenía miedo
de estar solo
invierno del 48
tenía miedo de que
los árabes volviesen
y todavía hoy su mujer
con sus 90 años
aúlla
grita
espantando a mis hijos
y a veces canta canciones
en Ladino
que ya no oye por ningún oído
y yo me escapo de ella cuando la veo
para que no me cante
canciones de Charles Aznavour
porque mi mujer es Francesa
El maridó murió hace cinco años
después de un largo Cáncer
trabajó toda su vida en una
tabaquería
tuvieron una hija que fue muy bella
y enloqueció, y los médicos,
para ayudarla, en el manicomio,
la llenaron de medicinas
y murió a los cuarenta años
también ella aullaba por las noches
como un lobo estepario,
y otros dos hijos
que viven en New Jersey
a dos calles el uno del otro
pero que nunca se hablan
vienen a ver a la madre por separado
y hacen lo que pueden
para llevarse toda la herencia
la casa ya vale medio millón de dólares
cuando el mercado esta alto
y por todo esto sé que esta casa
no es mi casa
mi casa la había construido
mi abuelo, no con piedras,
ni con dinero, la había construido
con amor, pensando en mi futuro
en un futuro en el que yo, su tocayo,
viviría en esa misma casa
habitada hoy por moros
que no entienden sus piedras,
casa en la que estoy siempre presente
casa en la que no vivo.

Esta casa no es mi casa
nunca oigo en ella hablar español
respiro, cómo, duermo, voy y
vengo, y mis pasos no dejan
huellas, cuando me veo en el espejo
nunca me soy familiar
cambio de gafas todos los años
para ver si algo ha cambiado
pero no puedo cambiar de ojos
sigo siendo el mismo extranjero
perdido en el laberinto
y cada vez que intento salir
que creo que voy a salir
me encuentro en otro cuarto
buscando otra puerta
viendo otra ventana
con un paisaje que
no me recuerda nada
que vi o que soñé.

Esta casa no es mi casa
pastores desconocidos
se dicen amigos míos
y nunca me hablan
de sus viejos vinos
De madrugada oigo gallos
aullando como lobos
truenos sonando como shofares*
relámpagos calzados de zuecos
en esta casa mi casa
paso de una realidad a otra
como si fuese un tren
pero en ningún vagón encuentro
a mi hermano con su cabello rubio
pidiendo que le ayude a subir
las escaleras o a bajar
en cada vagón hay un antepasado
que no quiere o no sabe
decirme dónde esta el conductor
ni cuál es la dirección del mar
ni dónde está el barco
que me llevará a mi mar.

Esta casa mi casa
recién casada recién causada
recién calzada recién cansada
nunca me devuelve cambio
cuando meto mis billetes
nunca en ella suena el teléfono
que anuncie el cambio
nunca suena la campana
que me lleve a la puerta
nunca suena el timbre
de esa mujer esperada
esta casa mi casa
es un rezo sin fin
las palabras se repiten solas
y el fin del libro es el comienzo
el cuento se vuelve a contar a sí mismo
por las paredes que me hablan
paredes que son los niños del mundo
sacados de casas en medio de un cuento
para llegar a otras casas de las que fueron
expulsados otros niños.
Cada piedra es un Corazón
que batía que combatió
pero perdió la batalla
cuando menos se acordaba
cada capa de pintura
eliminando una memoria
un garabato hecho por un niño
que descubría por primera vez el lápiz
su madre regañándole y él
no comprendiendo que estas paredes
tan seguras, tan cálidas
de pronto un día desaparecerán
de esta casa mi casa
cada silla una caída
cada mesa un terremoto
cada vaso es sangre
cada plato una promesa
no cumplida
cada puerta un abismo
cada asa una mano
amputada.

2. (Version française Rosa Ramos)

Cette maison ce n’est pas ma
maison, de ma fenêtre je ne vois pas
les montagnes que m’ont
incité à croître
je ne vois pas la préfecture
je ne vois pas la police
je ne vois pas des maures
Parfois je vois l’arabe
qui c’est enfui effrayé
avec ses parents dans cette maison
avec tous ses huit ans
aujourd’hui il en a cinquante
son fils est en prison
parfois je le vois dans mes rêves
je le vois enfant et vieillissant
le jour qu’il c’est enfui
laissant le lit encore chaud
le vide a été rempli
par un juif séfarade
qui vivait dans une cabane
près de cette maison
et qu’il venait de Roumanie
après avoir été expédié
de Grenade,
Était hiver et il faisait froid
après il a appelé son voisin
et lui a dit qu’il vienne
la maison était grande
et il avait peur
d’être seul
hiver du 48
avait peur que
les arabes reviennent
et encore maintenant sa femme
avec ces 90 ans
elle hurle
elle crie
elle fait peur à mes enfants
et parfois chante des chansons
en Judéo-espagnol
qu’elle ne peut pas entendre par aucune oreille
et je m’enfuis de que je la vois
pour ne pas qu’elle me chante
des chansons de Charles Aznavour
parce que ma femme est française
Le mari est mort il y à cinq ans
après un long cancer
il a travaille toute sa vie dans
une tabatière
ils ont eu une fille qui était très belle
et elle est devenu folle, et les médecins,
pour l’aider, dans l’asile,
l’on rempli de médicaments
et elle est morte à quarante ans
elle aussi hurlait la nuit
comme un loup de la steppe,
et deux autres enfants
qui vivent à New Jersey
a deux rues l’un de l’autre
mais qu’ils ne se parlent jamais
viennent voir leur mère séparément
et ils font ce qu’ils peuvent
pour amener tout l’héritage
la maison seule elle vaut le demi million dollars
quand le marché est au plus haut
et pour tout ça je sais que cette maison
ce n’est pas ma maison
ma maison l’avait construit
mon grand-père, non avec des pierres,
ni avec de l’argent, il l’avait construit
avec amour, pensant à l’avenir
un avenir dans lequel moi, son homonyme,
vivrait dans cette même maison
habité à ce jour par des maures
que ne comprennent pas leur pierres,
maison dans laquelle je suis toujours présent
maison dans laquelle je ne vis pas.

Celle-ci ce n’est pas ma maison
jamais je n’entends parler personne en espagnol
je respire, je mange, je dors, je vais et
je reviens, et mes pas ne laissent pas de
traces, quand je me vois dans le miroir
je ne me résulte jamais familier
je change les lunettes tous les ans
pour voir si quelque chose a change
mais je ne peux pas changer de yeux
je suis toujours le même étranger
perdu dans le labyrinthe
et à chaque fois que je veux sortir
que je crois que je vais sortir
je me retrouve dans une autre pièce
cherchant une autre porte
voyant une autre fenêtre
avec un paysage que
ne me rappelle rien
de ce que j’ai vu ou rêve.

Celle-ci ce n’est pas ma maison
bergers inconnus
se disent mes amis
et jamais ne me parlent
de ces vieux vins
A l’aube j’entends des coqs
hurlant comme des loups
des tonnerres qui sonnent comme des shofars*
éclaires chausses avec des sabots
dans cette maison ma maison
je passe d’une réalité à une autre
comme si j’étais un train
mais dans aucun wagon je ne retrouve
mon frère avec ses cheveux blonds
me demandant que je l’aide à monter
les escaliers ou à descendre
dans chaque wagon il y à un aïeul
que ne veut ou il ne sait pas
me dire ou il est le conducteur
ni quelle est la direction de la mer
ni ou ils le bateau
qui m’amènera a ma mer.

Cette maison ma maison
à peine marié à peine causé
à peine chaussé à peine fatigué
ne m’a jamais rendu la monnaie
quand je mets mes billets
en elle le téléphone ne sonne jamais
pour annoncer un changement
la cloché ne sonne non plus jamais
pour m’amener à la porte
jamais ne sonne la sonnette
de cette femme attendu
cette maison ma maison
est une prière sans fin
les paroles se répètent seules
et la fin du livre c’est le commencement
le conte se raconte à nouveau à lui même
dans les mur qui me parlent
mur que sont enfants du monde
sortis de maisons du milieu d’un conte
pour arriver à d’autres maison desquelles
d’autres enfant on été exclus.
Chaque pierre est un Coeur
que battait que combattait
mais qu’il a perdu la bataille
quand moins il ne le pensait
chaque couche de peinture
éliminant une mémoire
un gribouillage fait par un enfant
que découvrait pour la première fois le crayon
sa mère le grondant et lui
sans comprendre que ces murs
si surs, si chauds
bientôt un jour vont disparaître
de cette maison ma maison
chaque chaise une chute
chaque table un tremblement de terre
chaque verre est sang
chaque assiette une promesse
que ne c’est pas accompli
chaque porte un abîme
chaque anse une main
amputée.

Tercera parte:
Mi exilio mi casa

1.

En mi exilio
las olas no tienen espuma
la orilla no tiene arena

En mi exilio
las horas tienen
mil minutos

En mi exilio
como un amputado
me rasco un dedo
que ya no existe

En mi exilio
los árboles no tienen raíces
y cada viento los hace caer
las casas no tienen techos
las lluvias penetran mi piel
llueve sobre mi Corazón
sobre mi estomago
sobre mis riñones
y sobre mis intestinos

En mi exilio
el sol me quema
los grados son grandes
como medias lunas

En mi exilio
mis hijos me hablan
en lenguas sagradas
que me suenan ajenas
mi mujer me pregunta
si quiero un té
si quiero salir
pero las calles
se vuelven
cada día más

salones volantes
sobre mares tempestuosos

En mi exilio
cuanto más soy yo
más ajeno soy a los otros
cuanto mejor me siento
más extranjero parezco

En mi exilio
ojos me miran
me señalan
me apuntan
en sus cuadernos

poetas
escriben sobre mí poemas
y no entienden de qué hablo

En mi exilio
personal
imaginado
y amputado
sagrado y malvado
las hojas
no caen en otoño
el invierno nunca se acaba

En mi exilio
extirpo memorias
para volver a crearlas
para poder
hacer camino
a una carretera
en la que la meta
se alarga
cada kilómetro viajado
se hacen dos para llegar

Es un camino exiliado
perdido entre dos ciudades
que quieren y no pueden
volver a ser habitadas.

Troisième partie:
Mon exile ma maison
(Version française Rosa Ramos)

1.

Dans mon exil
las vagues n’ont pas d’écume
le bord de mer n’a pas de sable

Dans mon exil
les heures on
mille minutes

Dans mon exil
comme un amputé
je me gratte un doigt
qui n’existe plus

Dans mon exil
les arbres n’ont pas de racines
et chaque vent les fait tomber
les maisons n’ont pas de toit
les pluies pénètrent dans ma peau
il pleut sur mon Coeur
sur mon estomac
sur mes reins
et sur mes intestins

Dans mon exil
le soleil brûle
les degrés sont grands
comme des demi lunes

Dans mon exil
mes enfants me parlent
dans langues sacrés
que je sens étrangères
ma femme me demande
si je veux un té
si je veux sortir
mais les rues
deviennent
à chaque jour plus

des salons volants
sur mers orageuses

Dans mon exil
plus je suis moi
plus étrange je suis pour les autres
quand je me sens le mieux
plus étranger je semble

Dans mon exil
des yeux me regardent
me signalent
me marquent
dans leurs cahiers

poètes
écrivent sur mes poèmes
et il ne comprennent pas de quoi je parle

Dans mon exil
personnel
imaginaire
et amputé
sacré et méchant
les feuilles
ne tombent pas en automne
l’hiver ne finit jamais

Dans mon exil
j’extirpe des mémoires
pour les recréer
pour pouvoir
faire un chemin
qui soit route
dans laquelle le but
s’allonge
chaque kilomètre devient deux
en voyageant
pour y arriver

C’est un chemin exilé
perdu entre deux viles
qui veulent et ne peuvent pas
être habités à nouveau.

País de locos (Original Mois Benarroch)

Si estas manos que abrazan a mi hija
pudieran abrazar al pasado
Si esta boca que besa a mi mujer
pudiera besar a Fátima
por ultima vez
cuando volvió de Bélgica
a visitarnos
y me trajo chocolates
Si estas piernas
pudiesen andar en el tiempo
para poder volver a beber
de nuevo
esa última taza de café con leche

Ultima-
mente
lo que hago es
fumar purillos
escuchando
las primeras
canciones
de Serrat
llorando

preguntándome
qué coño habré hecho
en mis vidas anteriores
para haber aterrizado
en este país de locos.

Pays de fous (Version française Rosa Ramos)

Si ces mains qu’étreignent ma fille
pouvaient serrer le passé
Si cette bouche qu’embrasse ma femme
pouvait embrasser Fátima
pour la dernière fois
quand elle est revenu de Belgique
nous visiter
et elle m’a amène des chocolats
Si ces jambes
pouvaient cheminer dans le temps
pour pouvoir boire encore
cette dernière tasse de café au lait
Dernièrement
ce que je fais c’est
fume des petits cigares
écoutant
les premières
chansons
de Serrat
en pleurant

me demandant:
Bordel,
qu’est-ce que j’ai fait
dans mes vies antérieures
pour avoir atterri
dans ce pays de fous.

El país de los relámpagos (Original Mois Benarroch)

En el país de los relámpagos
el negro se hace raro
precioso
el blanco desaparece en su blancura
y todo lo que encuentras son
cosas que no buscaste nunca
olvidas lo que buscabas
o para qué viniste
a esta casa de madera
quiénes eran tus abuelos
y qué buscaban ellos
en los lustres olvidados
en el son del trueno.

Le pays des éclairs (Version française Rosa Ramos)

Dans le pays des éclairs
le noir se fait rare
précieux
le blanc disparaît dans sa blancheur
et tout ce que tu trouves ce sont
des choses que tu n’as jamais cherché
t’oublies ce que tu cherchais
ou même le pourquoi t’es venu
à cette maison en bois
qui étaient tes grands-parents
et qu’est-ce qu’ils cherchaient
dans les lustres oublies
dans la cadence du tonnerre.

Lucía (Original Mois Benarroch)

Cuando vuelva a recoger
las cáscaras
de las naranjas
tú estarás sentada
bajo el olivo
sonriendo como siempre

Cuando vuelva a recoger
las cáscaras de
las manzanas
tu rostro todavía intacto
en tu cuerpo envejecido

Cuando vuelva a recoger
las cáscaras de
las personas
bajo el olivo
solo tu sombra
lucirá como
una esmeralda.

Lucía (Version française Rosa Ramos)

Quand je revienne ramasser
les peaux
des oranges
tu seras assise
sous l’olivier
sourient comme d’habitude

Quand je revienne ramasser
les peaux
des pommes
ton visage encore intacte
dans ton corps envieilli

Quand je revienne ramasser
les peaux
des personnes
sous l’olivier
seulement ton ombre
luira comme
une émeraude.

LLORÓN

Cuando llegué
no podía llorar
todos teníamos que ser
super humanos
super sabrás*
no me dejaron llorar
la muerte de mi vida anterior
y llevé esa muerte conmigo
hasta los treinta años

Desde entonces aprendí
a llorar
tan bien
soy un llorón de primer orden
lloro como un niño de tres años
como el primer día que me llevó
mi madre a la escuela
y no quería separarme de ella,
hasta que tuvo que traerme a casa.

*Sabra: judio nacido en Israel.

PLEUREUR (Version française Rosa Ramos)

Quand je suis arrivé
je ne pouvais pas pleurer
nous devions être tous des
super humains
super sabrás*
ils ne m’ont pas laisser pleurer
la mort de ma ancienne vie
et j’ai porté cette mort avec moi
jusqu’à mes trente ans

Depuis j’ai appris
à pleurer
si bien
que je suis un pleureur de première classe
je pleure comme un enfant de trois ans
comme le premier jour que maman
m’a amener à l’école
et je ne voulais pas me séparer d’elle,
jusqu’à ce qu’elle a du me ramener à la maison.

*Sabra: juif né en Israël.

DESABER (Original Mois Benarroch)

En mi sueño
preguntaba al ciego
cómo se aprende a no saber
cómo
se olvida lo sabido
lo leído
lo visto
si ni siquiera existe
en ninguna lengua
el verbo desaber
cómo
puede uno volver
al estado en que estaba
antes de saber
algo
cómo aprende uno a deshacer
las mentiras del pasado
sobre las cuales
se han construido
montes
de sabiduría.

DESAVOIR (Version française Rosa Ramos)

Dans mon rêve
je demandais à l’aveugle
comment on l’apprend à non savoir
comment
on oublie ce que l’on sait
ce qu’on a lu
ce qu’on a vu
s’il n’existe même pas
dans aucune langue
le verbe desavoir
comment
pouvons revenir
à l’état qu’on étais
juste avant de savoir
quelque chose
comment apprendrons a défaire
les mensonges du passé
sur lesquelles
se sont construït
montagnes
de sagesse.

La guerra civil (Original Mois Benarroch)

Mi padre se vio obligado a dejar sus estudios de derecho
mientras mataban a García Lorca
esos son los más importantes acontecimientos de la guerra civil
y también murieron un millón de personas y los malos ganaron
pero después Franco pudo decir durante cinco años a Hitler
que no podía meter a su pueblo en una guerra después de la guerra civil
y así no murieron tres millones más,
entonces que nadie me diga que la historia tiene lógica
y mi padre me contaba como andaba de noche por el centro de las calles
para que nadie le saltara con un cuchillo desde una esquina
y cuando le preguntaban en el bar mientras comía la tapa
si era franquista o republicano respondía que era judío
y que los judíos no se meten en política
y cuando le preguntaban a favor de quién estaba se hacia el idiota
y como se suponía que todos los judíos eran idiotas o tenían cola
se pudo salir de la guerra civil sin meterse en líos.
A veces los prejuicios de la gente pueden ser una bendición.

La guerre d’Espagne (Version française Rosa Ramos)

Mon père à été obligé de laisser tomber ses études de droit
alors qu’ils tuaient García Lorca
ce sont les plus importants événements de la guerre d’Espagne
et aussi sont mort un million de personnes et les méchants on gagné
mais après Franco à pu dire pendant cinq ans à Hitler
que no pouvait pas mettre son peuple dans une autre guerre après celle-ci
et comme ça trois millions ne sont pas morts en plus,
donc que personne ne vienne me dire que l’histoire à une quelconque logique
et mon père me racontais comment il marchait
seul la nuit dans la part centrale des rues
afin que personne ne l’attaquât avec un couteau sur les coins
quand on lui demandait dans quel café il mangeait sa tapa
ou s’il était franquiste ou républicain il répondait qu’il était juif
et que les juifs ne se mêlent de la politique
et quand on lui demandait si était pour l’un ou l’autre
il faisait le fou et comment il était connu
que tous les juifs était fous ou ils avaient une queue
il à peut sortir de la guerre sans trop de soucis.
Parfois les préjudices des gens sont une bénédiction.

La casa del extranjero (Original Mois Benarroch)

Soy extranjero en todas partes
y ningún sitio me es extraño
desde Tetuán hasta Estambul
oigo pasos de ladino
personas que anduvieron por todos lados
con el olor de un naranjo de Granada
veo casas con piedras
que los constructores pusieron mientras soñaban
con Lucena
huellas de judíos
con olores pasados de generación
en generación, y ningún sitio me es
extraño.
No tengo casa
y todo el mundo es mi casa.

La maison de l’étranger (Version française Rosa Ramos)

Je suis étranger par tout
et nulle part m’est étrange
depuis Tétouan jusqu’à Istanbul
j’entends des pas en judéo-espagnol
personnes qu’on marché par tout
avec le flaire d’un oranger de Grenade
je vois maisons en pierre
que les constructeurs ont mis alors que rêvaient
de Lucena
empreintes de juifs
avec des arômes passés de génération
en génération, et nulle part me parait étrange.
Je n’ai pas de maison
et le monde entier est ma maison.