LLORÓN

Cuando llegué
no podía llorar
todos teníamos que ser
super humanos
super sabrás*
no me dejaron llorar
la muerte de mi vida anterior
y llevé esa muerte conmigo
hasta los treinta años

Desde entonces aprendí
a llorar
tan bien
soy un llorón de primer orden
lloro como un niño de tres años
como el primer día que me llevó
mi madre a la escuela
y no quería separarme de ella,
hasta que tuvo que traerme a casa.

*Sabra: judio nacido en Israel.

PLEUREUR (Version française Rosa Ramos)

Quand je suis arrivé
je ne pouvais pas pleurer
nous devions être tous des
super humains
super sabrás*
ils ne m’ont pas laisser pleurer
la mort de ma ancienne vie
et j’ai porté cette mort avec moi
jusqu’à mes trente ans

Depuis j’ai appris
à pleurer
si bien
que je suis un pleureur de première classe
je pleure comme un enfant de trois ans
comme le premier jour que maman
m’a amener à l’école
et je ne voulais pas me séparer d’elle,
jusqu’à ce qu’elle a du me ramener à la maison.

*Sabra: juif né en Israël.

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Érase otra vez (Original Mois Benarroch)

Érase una vez un pueblo.
Érase una vez un judío.
Érase una vez un adiós.
Érase una vez un judío un cristiano y un moro.
Érase una vez un mundo.
Érase una vez una ciudad.
Érase una vez un país.
Érase una vez una ciudad llamada Granada.
Érase una vez una granada.
Érase una vez un niño.
Érase una vez un pañuelo.
Érase una vez una lágrima
que no podía salir del ojo.
Érase una vez un sueño.
Érase una vez dos sueños.
Érase una vez tres sueños.
Érase una vez un despertar.

Il était une autre fois (Version française Rosa Ramos)

Il était une fois un peuple.
Il était une fois un juif.
Il était une fois un adieu.
Il était une fois un juif, un chrétien et un maure.
Il était une fois un monde.
Il était une fois une vile.
Il était une fois un pays.
Il était une fois une vile appelé Grenade.
Il était une fois une grenade.
Il était un fois un enfant.
Il était une fois un foulard.
Il était une fois une larme
que ne pouvait pas sortir de l’oeil.
Il était une fois un rêve.
Il était une fois deux rêves.
Il était une fois trois rêves.
Il était une fois un réveil.

DECLARACIÓN DE INDEPENDENCIA (Original Mois Benarroch)

Soy un país de
un hombre

en mi país
tolero todo

mi país es laico y religioso
fundamentalista y liberal

hago elecciones cuando quiero
y paso la frontera sin problema

no estoy representado en la ONU
así que no causo problemas a nadie

en mi país soy el primer ministro
y el inmigrante eterno

mis fronteras van conmigo a donde voy
y mi gobierno no me pide más dinero

soy un país de un hombre
nunca declaro guerras
y no tengo exigencias territoriales
de mis países vecinos

soy un país de un hombre
que se lleva bien con su mujer.

DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE

Je suis un pays
d’un homme

dans mon pays
tout est toléré

mon pays est laïque et religieux
fondamentaliste et libéral

je fais des élections quand je veux
et je passe la frontière sans problèmes

je ne suis pas représenté à l’ONU
alors je ne cause de problèmes à personne

dans mon pays je suis le premier ministre
et l’éternel immigrant

mes frontières vont avec moi n’importe où je vais
et mon gouvernement ne me demande pas plus d’argent

je suis un pays d’un homme
qui jamais ne déclare la guerre
et qu’il n’a pas d’exigences territoriales
sur mes pays voisins

je suis un pays d’un homme
qui s’entend bien avec sa femme.

MAMÁ (Original Mois Benarroch)

1.
¿A dónde vamos mamá?
Vamos a nuestra patria,
a nuestro país.
¿Y dónde esta nuestro país?
No puedo decirte su nombre.
Está prohibido.
¿Y está muy lejos ese país?
Está al otro lado del mar, hijo.
¿El viaje es largo?
Dos mil años de largo
tres semanas de carretera
cinco horas de avión.
¿Y los niños en ese país cómo son?
Todos judíos, como tú.
Y ¿cómo soy yo?

MAMAN (Version française Rosa Ramos)

1.
Ou allons-nous maman?
Nous allons vers notre patrie,
vers notre pays.
Et c’est ou notre pays?
Je ne peux pas te dire son nom.
C’est interdit.
Et c’est très loin ce pays?
C’est de l’autre cote de la mer, mon fils.
C’est un long voyage?
Deux-mille ans de long
trois semaines de route
cinq heures d’avion.
Et les enfants dans ce pays comment est-ce qu’ils sont?
Tous juifs, comme toi.
Et comment suis-je?

Cuando vengan por los Judíos piensa
que pronto vendrán por ti o por tu hijo
(Original Mois Benarroch)

En el siglo dieciséis
se dio el caso
de una tal María Delacruz
que fue investigada y castigada
por la inquisición.
La única acusación
que tenían contra ella fue
que nunca comía cerdo.
No la ayudó explicar
que tenía una digestión sensible
y que era una buena cristiana.
Tuvo que sufrir como
buena cristiana
las torturas
de los judíos que odiaba.

Quand ils viendront prendre les juifs pense
que bientôt viendront aussi te prendre toi ou prendre ton fils
(Version française Rosa Ramos)

Au sixième siècle
il s’est trouvé que
une nommée María Delacruz
a été enquêté et punie
par l’inquisition.
Le seul chef d’accusation
que ils avaient contre elle fut
qu’elle ne mangeait jamais du cochon.
De rien ne l’a aidé expliquer
qu’elle souffrait d’une digestion sensible
y qu’elle était une bonne chrétienne.
Elle a du souffrir comme
bonne chrétienne
les tourments
des juifs que tant haïssait.

Mikveh * (Original Mois Benarroch)
Cuando vuelvas del Mikveh
Ponte un poco de perfume
Pero no tanto.
Quiero oler el olor del agua

Agua pura en tus pechos
Agua de lluvias y ríos
Agua de mares y espejos
Agua de amaneceres míos

Cuando vuelvas del Mikveh
Cómprame una caja de cerillas
Yo te esperaré bebiendo café
En nuestra silla preferida.

Ven con tu cara tímida
Con tus manos de niña
Acaríciame a través del agua
A través de las burbujas marítimas.

Bésame con la humedad de las cimas
Bésame con la blancura de las nubes
Bésame con el pasado y el futuro
Bésame con tus manos de arena.

Cuando vengas del Mikveh
Mírame a los ojos y métete
En mis ojos, penétralos hasta
Que sólo pueda verte a ti.

*Mikveh, es el baño tradicional judío. La mujer está permitida al hombre cinco días después de la menstruación, y después que va al baño del Mikveh que tiene que estar compuesto de aguas naturales: De manantial, río, mar o lluvia.

Mikveh * (Version française Rosa Ramos)
Quand tu reviennes du Mikveh
Mets-toi un peu de parfum
Mais pas trop.
Je veux sentir l’odeur de l’eau

D’eau pure dans tes seins
D’eau de pluies et des fleuves
D’eau de mers et miroirs
D’eau de mes petits matins

Quand tu reviennes du Mikveh
Achètes-moi une boîte d’allumettes
Je t’attendrais en buvant du café
Dans notre chaise préfère.

Viens avec ton visage timide
Avec tes mains de petite fille
Caresses-moi à travers l’eau
à travers des bulles maritimes.

Embrasse-moi avec l’humidité des sommets
Embrasse-moi avec la blancheur des nuages
Embrasse-moi avec le passé et l’avenir
Embrasse-moi avec tes mains de sable.

Quand tu reviennes du Mikveh
Regarde-moi aux yeux et introduis-toi
Dans les miens, pénètre-les jusqu’à ce
que je ne vois que toi.

*Mikveh, c’est le bain traditionnel juif. La femme est permise à l’homme cinq jours après la menstruation, et après qu’elle soit allée au bain du Mikveh, qui doit être composé d’eaux naturelles : De source, fleuve, mer ou pluie.

Una última lágrima (Original Mois Benarroch)

Me gustaría morirme
En tus brazos
Y después de que apagues mis ojos
Me des un besito en la frente.
Y no llores
(No, mi paloma
No mi alma
No mi reina).
Y que cada lágrima
No llorada
Se convierta
En una memoria
De un momento
Bien vivido
De una carcajada
Bien reída.

Y después
A pesar de todo
Una última
Lágrima.

Une dernière larme (Version française Rosa Ramos)

J’aimerais mourir
Dans tes bras
Et après avoir éteint mes yeux
Tu me donnes un petit baiser sur le front.
Et ne pleure pas
(Non, ma colombe
Non mon âme
Non ma reine).
Et que chaque larme
Pas pleuré
Devienne
Une mémoire
D’un moment
Bien vécu
D’un éclat de rire
Bien ri.
Et après
Malgré tout
La dernière
Larme.

Mi Infancia (Original Mois Benarroch)

Es la portera gritando a su hijo
¡Juanito que mala condición tienes!
y el pobre, cojo, escapándose de sus palos.

Sol que nos cuidaba, en la judería
gritando “Ua ya miri y miri y miri pero
como esto no miri,” mi hermano y yo
enloqueciéndola de travesuras

Los bocadillos de salchichón que preparaba
mi abuela los viernes y sábados y que nunca
eran suficiente para nuestro hambre
todos echándonos sobre ellos.

La jefatura en frente de casa, el monte
en frente en el que se acaba la cordillera
del Rif, el Mediterráneo frío cerca del atlántico.

La palabra Carcamal.

El club, mi primo y yo en medio de una fiesta
con cuarenta chicas y sin chicos yo metiendo manos
a todas sin discriminación.

Mi infancia se acabó en un momento claro y clave
a los doce años cuando me arrancaron de mi ciudad en
busca de un sueño dos veces milenarios.
Sueños que en pesadillas vuelven.

Y pregunto ¿Qué es una calle sin esquina?
¿Qué un sol sin ojos? ¿Un Gallo sin amanecer?
Bienaventurado el hombre
que nace y muere en la misma calle
que nunca de su ciudad sale y
comparar no sabe.

Mon Enfance (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

C’est la gardienne qui crie sur son fils
¡Juanito tu as vraiment une mauvaise configuration!
et le pauvre, boiteux, fuyant de ses coups.

Sol qui s’occupait de nous, dans le quartier juif
criant “Ua ya miri y miri y miri mais
comme ça no miri,” mon frère et moi
la rendant folle de nos mauvais tours.

Les sandwiches au saucisson que ma grand-mère
préparait les vendredis et les samedis que jamais
étaient suffisants à notre famine
on se jetait sur eux, nous tous.

La préfecture devant la maison,
la montagne devant, là ou fini la chaîne
du Rif, la froide Méditerranée prés de l’atlantique.

La parole Carcamal. (*)

Le club, mon cousin et moi-même dans une fête
avec quarante filles et sans garçons et moi en les touchant
toutes sans discrimination.
Mon enfance c’est fini dans un instant très clair et précis
Quand aux douze ans m’ont arraché de ma vile
A la recherche d’un rêve deux fois millénaires.
Rêves que deviennent cauchemars.

Et je demande, C’est quoi une rue sans coins?
C’est quoi un soleil sans yeux?
Un coq sans lever du jour?
Bienheureux l’homme
qui peut naître et mourir dans la même rue
que ne sort jamais de sa ville et
ne sait pas comparer.

(*) Ce mot laissé dans le poème sans traduction veut dire : « Vieux Croulant »

Tableau Italiano (Original Mois Benarroch)

Bonitas canciones italianas
cantadas por viejas mujeres gordas
en restaurantes de familia
donde no se puede comer
sin que el estómago
vaya y venga
de los gritos del padre
y los actos del hijo
comiendo esos espaguetis Napolitana deliciosos
y las pizzas sin carne
bebiendo el vino tinto bueno y barato
asombrado de la familia al final de la sala
no fijándote en ti y tú sólo fijándote
en ellos.

UA YA MIRI I MIRI I MIRI

Ua ya mirí i mirí i mirí pero como esto no mirí

Nos decía a mí y a mí hermano
Sol
que quería mucho a los críos
pero nunca tuvo hijos
y que estaba casada con Yuseff
el último judío que llevaba la Jokka
una túnica judía con
cintura gruesa y gorda
por esa misma Jokka
el gobierno británico
acusó al sultán marroquí en 1810
de discriminación contra los judíos
que cuando venían de Gibraltar
estaban obligados
a ponerse la jokka
para poder hacer comercios.

Y yo y mi hermano en judería en casa de Sol
y ella chillando y gritando
mientras nosotros corríamos
la frase más importante de mi infancia
Ua ya
mirí
i mirí
i mirí

pero como esto
no mirí.

Tableau Italien (Versión française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Belles chansons italiennes
chantées par des vielles et grosses femmes
dans des restaurants de famille
ou l’on ne peut pas manger
sans que l’estomac
s’en aille et revienne
des cris du père
et des actions du fils
mangeant ces spaghettis Napolitains si délicieux
et les pizzas sans viande
en buvant le vin noir bon et pas cher
étonné que la famille au fond de la salle
ne te remarque pas, mais toi,
tu ne fais que les remarquer eux.

UA YA MIRI I MIRI I MIRI

Ua ya mirí i mirí i mirí mais comme ça no mirí

Nous disait-elle à mon frère et à moi
Sol
aimait beaucoup les enfants
mais elle ne n’a jamais eu
et qui était marié à Yuseff
le dernier juif à porter la Jokka
une tunique juive avec
une grosse ceinture
pour cette même Jokka
le gouvernement britannique
accusa au sultan maroquin en 1810
de discrimination contra les juifs
que quand arrivaient de Gibraltar
étaient obliges
à la porter, la Jokka
pour pouvoir fer des négoces.

Et mon frère et moi dans le quartier juif chez Sol
et elle grondant et criant
alors que nous courrions
la phrase la plus importante de mon enfance
Ua ya
mirí
i mirí
i mirí

mais comme ça
no mirí.

Pasos (Original por Mois Benarroch)

Mis pasos siguen andando en Sevilla

sube y baja en la calle Levies

buscando a mi mujer quemada

en frente de la iglesia

mientras yo volvía de Granada.

Mis pasos siguen boqueteando las calles

día y noche y nunca se paran nunca se separan

de calles en las que sólo mis pasos existen.

Mis pasos siguen marcando Sevilla

sus límites y sus fronteras

su cielo y su río

su lengua y sus palabras

y cuando río a carcajadas

es porque estoy loco

loco de pasado, 

loco de pensamientos, 

 loco de amor.

MER DE SEFARAD- TOURNANT  A TÉTOUAN- MOIS BENARROCH

Des Pas (Version française- Rosa Ramos)

Mes pas marchent dans Séville

monte et descends dans la rue Levies

à la recherche de ma femme brûlé

devant  l’église

alors que je revenais de Grenade.

Mes pas continuent d’exhaler dans les rues
nuit et jour, jamais ne s’arrêtent jamais ne se séparent

des rues ou seuls mes pas existent.

Mes pas marquent encore Séville

ses limites et ses frontières

son ciel et son fleuve

sa langue et ses mots et quand je ris aux éclats

c’est parce que je suis fou

fou du passé,  

fou des pensées,  

fou d’amour.

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