LOS POETAS ÁRABES (Original Mois Benarroch)

De lo que más me arrepiento
es de no haber atendido
las clases de Árabe
ahora son los poetas
que más me atañen
me hablan de Andalucía
Al-Andalus
la misma Andalucía de mis memorias
me hablan del exilio
del que es tabú hablar en Israel
me hablan de la belleza de las moras
tan sensuales en sus caftanes
me hablan del mar
y siento que nos hemos bañado
en las mismas aguas
los montes tienen los mismos colores
de esto ni siquiera puedo hablar en esta
democracia
como ellos mismos no pueden hablar de tantas
cosas
las eludimos como podemos
y al igual que ellos
soñamos en la Andalucía celeste
en la que todos los hijos de Abraham
fueron una vez hermanos.
O por lo menos primos.

LES POÈTES ARABES (Traduccion française Rosa Ramos)

Ce que regrette le plus
c’est de ne pas avoir fait assez attention
aux cours d’arabe
maintenant c’est les poètes
qui me touchent le plus
ceux qui me parlent de l’ Andalusíe
Al-Andalus
la même Andalusíe de mes souvenirs
me parlent de l’exile
duquel est tabou parler en Israël
me parlent de la beauté des maures
tant sensuelles dans leurs cafetans
me parlent de la mer
et je sens que nous avons baigné
dans les mêmes eaux
les montagnes ont les mêmes couleurs
de cela je ne peux pas en parler dans
cette démocratie
comme eux ne peuvent pas parler
de beaucoup d’autres choses
l’on se dérobe comme l’on peut
et pareil qu’eux
nous rêvons d’une Andalusie céleste
dans laquelle tous les enfants d’Abraham
un jour furent frères.
Ou au moins cousins.

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TREINTA AÑOS DESPUÉS (Original Mois Benarroch)

Treinta años después tuve el valor
de escribir que te tenía envidia
cuando éramos niños
porque tu padre era
más rico que el mío y cuando lo leíste
me confesaste que tú también me habías tenido
porque era el nieto preferido de la abuela
que siempre decía que bebe más guapo que yo
nunca hubo en toda la familia
la misma abuela a la que después de hablar
deje de ir a visitarla.

Es la vida
envidias a alguien por algo
y no te das cuentas
de que él también te envidia por alguna otra cosa
y faltan treinta años
para las confesiones.

TRENTE ANS PLUS TARD (Version française Rosa Ramos)

Trente ans plus tard j’ai eu le courage
d’écrire que j’étais jaloux de toi
quand nous étions enfants
parce que ton père était
plus riche que le mien et quand tu l’as lu
tu m’a confesse que toi aussi t’était jaloux de moi
parce que j’étais le petit-fils préféré de la grand-mère
que elle disait toujours que bébé plus beau que moi
jamais n’a eu dans la famille entière
la même grand-mère que après avoir parlé
j’ai arrêté de visiter.

C’est la vie
tu es jaloux de quelqu’un pour quelque chose
et tu ne vois pas
de lui aussi est jaloux pour quelque chose
et il faut trente ans
pour faire des confessions.

LAGRIMAS SIN NOMBRE (Original Mois Benarroch)

Si lloro
y me ves
lagrimas sin nombre
mis manos guardando mi cara
avergonzado
de verlas caer
si lloro
piensa un poco
en las lluvias y en
las aguas dulces y saladas
si me ves llorando
como un niño pequeño
que no quiere dejar
a su madre
el primer día de escuela
piensa en los viajes no anunciados
en madrugadas que se vuelven históricas
en segundos que no se pueden olvidar
tres generaciones adelante
piensa en un pozo seco
dos minutos antes de la tormenta.

LARMES SANS NOM (Version française Rosa Ramos)

Si je pleure
et tu me vois
larmes sans nom
mes mains qui gardent mon visage
honteux
de les voir tomber
si je pleure
pense un peu
au pluies et aux
eaux douces et salés
si tu me vois pleurer
comme un petit enfant
qui no veut pas laisser
sa maman
le premier jour d’école
pense aux voyages non annoncés
à l’aube qui deviennent historiques
en seconds que l’on ne peut pas oublier
les trois générations suivantes
pense à un puits sec
deux minutes avant l’orage.

Las buenas intenciones y la mala leche (Original Mois Benarroch)

Te roban tu memoria
con buenas intenciones
después te dicen
que no tienes historia
que eres primitivo

quieren que su pasado
sea el tuyo
para poder imponerte
un presente
que no entiendes

cuando empiezas a acordarte
te intentan ayudar
te dicen que estas loco
y ya ni sabes
si es memoria o imaginación
televisión o realidad

ellos tampoco saben

pero tienen miedo de tus memorias
que son la prueba de su represión.

Les bonnes intentions et les mauvaises (Version française Rosa Ramos)

Ils te volent la mémoire
avec bonnes intentions
après ils te disent
que tu n’as pas d’histoire
que tu es primitif

ils veulent que son passé
soit le tien
pour pouvoir t’imposer
un présent
que tu ne comprends pas

quand tu commences à te souvenir
ils essayent de t’aider
en te disant que tu es fou
et que tu ne sais plus
si c’est de la mémoire ou l’imagination
télévision ou réalité

eux ne le savent pas non plus

mais ils ont peur de tes mémoires
parce qu’elles sont la preuve de leur répression.

Antipoesía (Original Mois Benarroch)

Como Nicanor Parra escribo antipoemas
antipoemas para antipersonas en antilibros
antipoemas para anticriticos para antilectores
antipoemas para antiasnos en la antimateria
antielectrones en antiatomos para antisordos
en mi antiadaptacion literaria mundial
en la antitertulia de la antiliteratura
antipoemas para antieditores para antipremios
para anticorrectores para antieditoriales
no porque no me guste la poesía
y no porque no quiera a los críticos, sino porque
como todo antipoeta
solo sé escribir antipoemas.

Antipoèsie (Version française Rosa Ramos)

Comme Nicanor Parra j’écris d’antipoèmes
antipoèmes pour antipersones dans antilivres
antipoèmes pour anticritiques pour antilecteurs
antipoèmes pour antiânes dans l’antimatière
antielectrons dans antiatomes pour antisourds
dans mon antiadaptation littéraire mondial
dans l’anticercle de la antilittérature
antipoèmes pour antiediteurs pour antiprix
pour anticorrecteurs pour antimaisonsdédition
non pas parce que je n’aime pas la poèsie
et non pas parce que je n’aime pas les critiques, mais parce que
comme tout autre antipoète
je ne sais que écrire des antipoèmes.

VALLEJO (Original Mois Benarroch)

Andando por París
y pensando en Vallejo
y en Georgette

No tengo hambre
ni vivo en París

me pregunto qué encontraba yo en esta ciudad
por qué soñaba tanto en vivir aquí
c’est comme un soutien-gorge
sans seins

Y pienso en César
de hambre
César
que no era Julio César
ni siquiera Junio César

Pienso en su hambre
en sus delirios
viendo a todos pegándole
en su guerra de España
y en su muerte de hambre
tan romántico
y tan pobre

Desde los valles de Perú
un medio indio invadido
por la locura europea
en este París

en el que cada año se abre
una nueva Fnac
y cada día hay más pobres
en este mundo que no se divide
entre los que ganan más y los que ganan menos
sino entre un 80% que trabaja
y un 20% que no.
Siempre una parte de la humanidad
estuvo dispuesta a sacrificar
a la otra parte.

VALLEJO (Version française Rosa Ramos)

Je marche dans Paris
et je pense à Vallejo
et à Georgette

Je n’ai pas faim
et je ne vis pas à Paris

je me demande qu’est-ce que je lui trouvais à cette vile
pour quoi je rêvais tant de vivre là
c’est comme un soutien-gorge
sans seins
*

Et je pense à César
de faim
César
que n’était pas Julius César
ni encore June César

Je pense à sa faim
à ses délires
voyant tout le monde le frapper
dans sa guerre en Espagne
et de sa mort de faim
si romantique
et si pauvre

Depuis les vallées du Pérou
un moitié indien envahît
par la folie européenne
dans ce Paris

dans lequel chaque année on ouvre
un nouvel Fnac
et chaque jour il y a plus de pauvres
ce monde qui n’est pas divisé
entre ceux que gagnent plus et ceux qui gagnent moins
mais entre un 80% qui travaille
y un 20% que ne le font pas.
Toujours une partie de l’humanité
à été prête à sacrifier
l’autre.
* (Note de la traductrice: La phrase est en français dans l’original)

LA PLAYA DE UNO (Original Mois Benarroch)

Mi abuelo decía que como la cama de uno
no hay
y yo digo que como la playa de uno
no hay

esa playa de cabila en día de poniente
el aire del monte
esa agua fría y límpida
he estado en todas las playas del
Mediterráneo
en Turquía y en Grecia
en Francia en Israel en Italia
pero como la playa de uno no hay.

LA PLAGE À SOI (Version française Rosa Ramos)

Mon grand-père disait que comme son lit
il n’y a rien
et moi je dis qu’il n’y a rien comme la plage à soi.

dans cette plage de kabylie en jour de ponent
l’air de la montagne
cette eaux froide et limpide
j’ai été dans toutes ces plages de la
Méditerranée
en Turquie et en Grèce
en France en Israel en Italie
mais il n’y a pas de plage
comme celle qui est à soi.

MÁS SABIO (Original Mois Benarroch)

Ahora mis palabras son más sabias
en ellas se ve mi conocimiento
pero daría cualquier cosa
por aquellos años de rabia
de furor verdadero contra el mundo
cuando yo era inocente
cuando pensaba que todo era posible
que las palabras podrían cambiar a la gente
que las palabras podrían
cambiar los pensamientos
pero ahora soy más sabio
soy más sabio
mientras el mundo se oscurece
ante mis ojos
sin poder hacer nada
sin querer hacer nada
ni pensar en suicidarme
contra ellos ni contra mí.

Sólo veo mi sombra en el agua
mirándome fumar un cigarrillo
mirándome con ojos soñolientos
sin ilusión por mí tal como yo
sin ilusión por ella.

PLUS SAGE (Version française Rosa Ramos)

Maintenant mes paroles son plus sages
en elles on y voit ma connaissance
mais je donnerait n’importe quoi
pour ces années de rage
de vrai fureur contre le monde
quand j’étais innocent
quand je pensais que tout était possible
que les paroles pouvaient changer les gens
que les paroles pourraient
changer les pensées
mais maintenant je suis plus sage
je suis plus sage
tandis que le monde s’obscurcit
devant mes yeux
sans rien pouvoir y faire
sans vouloir rien y faire
ni penser à me suicider
ni contre eux ni contre moi.

Je vois seulement mon ombre dans l’eau
qui me regarde fumer une cigarette
me regardant avec des yeux somnolents
sans illusion vers moi comme moi
sans illusion pour elle.

El hombre que nunca vio la lluvia (Original Mois Benarroch)

Cuando la vio
en el verano más cálido del siglo
creyó que los cielos lloraban
y se puso a llorar con ellos
sintiendo compasión por un Dios
cuya creación iba a ser destruida

sus lágrimas se derritieron entre la lluvia
hasta alcanzar la tierra y el océano
y no fueron en vano sus lágrimas

una joven vino hasta él
lo besó en la mejilla
lo tomó de la mano
lo condujo a su hogar,
le ofreció una sopa de verduras
y lo consoló de su vida
sin lágrimas.

L’homme que n’a jamais vu la pluie
(Version française Rosa Ramos)

Quand il l’a vu
était l’été le plus chaud du siècle
il a cru que les cieux pleuraient
et il se mis a pleurer avec eux
sentant de la pitié pour un Dieu
dont la création allait être détruite

ses larmes se sont fondu dans la pluie
jusqu’à atteindre la terre et l’océan
et n’ont pas été vaines ses larmes

une jeune vint jusqu’à lui
l’embrassa sur la joue
lui prit la main
et il l’amena à son foyer,
lui offrit une soupe aux légumes
et le consola de sa vie
sans larmes.

Arena (Original Mois Benarroch)

Tardé veinte años en aprender a llorar en hebreo
entonces mis palabras se adulzaron
como una piedra cuyo su secreto ha sido revelado por la lluvia
que era de arena.

Árbol

Esta mesa en la que escribo
fue árbol
plantado por un ser humano
en una tierra seca
en la que yacía un muerto
que escribió un poema
en una mesa de madera

¿ese hombre
es el un árbol?

SABLE (Version française Rosa Ramos)

Ça m’a pris vingt ans apprendre à pleurer en hébreu
après quoi mes paroles ce sont adouci
comme une pierre dont son secret est révélé par la pluie
qu’était de sable.

ARBRE

Cette table ou j’écris
fut un arbre
planté par un être humain
sur une terre sèche
dans laquelle gisait un mort
qui a écrit un poème
sur une table en bois.

Cet homme
était-il l’arbre?