El pan y el sueño (Original Mois Benarroch)
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Día tras día como una masa madre olvidada
el ansío crece
crea un pan
y rechaza un sueño
que aquí en un nuevo sitio
en una nueva tierra
el sueño será más grande
y podrá reconciliar
la humedad de mi ciudad natal
El sueño quebrado el pan secado
guerras fueron seguidas por guerras
y sólo la memoria queda
como un elefante volviendo
a la tumba de sus antepasados
chillando un poco cerca de ellos
y siguiendo por su camino
cayendo sin caer
continuando pero
un elefante diferente.

Le pain et le rêve (Version française Rosa Ramos)
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Jour après jour comme une masse mère oublie
l’angoisse croît
crée un pain
et refuse un rêve
que ici dans un nouveaux lieu
dans une nouvelle terre
le rêve sera plus grand
et il pourra réconcilier
la humidité de ma vile natale
Le rêve brisé le pain asséché
guerres ont été suivies de guerres
et seule la mémoire reste
comme un éléphant revenant
vers la tombe de ses aïeuls
hurlant un peu sur eux
et continuant son chemin
tombant sans tomber
continuant mais
un éléphant différent.

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5. (Original Mois Benarroch)

En mi exilio
no puedo vestir mis palabras
el lenguaje no tiene sentido
no tiene dirección
mando cartas que no llegan
a amantes que no me conocen

En mi exilio
suenan palabras sueltas
palabrotas mil veces dichas
palabras dichosas
acariciando mis corazones
pero nadie las entiende

Son como una película
sin sonido
como una foto sin flash
como una ciudad desierta
como los zapatos nuevos
de un muerto

Las palabras
que me hablan
no hablan a los demás
las palabras que me persiguen
se rinden sin combate
sin intentar imponerse
sobre palabras de otros

tengo miedo
y me escapo

No tengo hambre
y como

no tengo sueño
y duermo

y en mis sueños
río a carcajadas
hasta que se despierta
mi mujer
en ellos
veo otras vidas posibles
pero no vividas
otras vidas riojas
llenas de risas

que son un río
que no llega al mar
y es el mar
Oh amor
es el mar
el que me da aire.

5. (Version française Rosa Ramos)

Dans mon exil
je ne peux pas habiller mes paroles
le langage n’a pas de sens
n’a pas de direction
j’envoie des lettres que n’arrivent pas
a des amants que no me connaissent pas

Dans mon exil
sonnent des paroles lâchés
des gros mots dits mille fois
sacrés paroles
caressant mes coeurs
mais personne les comprends

Elles sont comme un film
sans son
comme une photo sans flash
comme une vile desserte
comme des nouvelles chaussures
d’un mort

Des paroles
qui me parlent
elles ne parlent pas aux autres
les paroles que me poursuivent
elles se rendent sans combat
sans essayer de s’imposer
sur les paroles d’autres

j’ai peur
et je m’enfouis

Je n’ai pas faim
et je mange

je n’ai pas sommeil
et je dors

et dans mes rêves
je ris aux éclats
jusqu’à ce que ma femme
se réveille
en eux
je vois d’autres vies possibles
mais pas vécues
d’autres vies riojas
pleines de rires

que sont un fleuve
que n’arrive pas à la mer
et c’est la mer
Oh amour
c’est la mer
celui que me donne l’air.