Mis Versos (Original Mois Benarroch)

Mis versos no abren puertas
las cierran

Cada puerta que la humanidad ha abierto
ha traído más atrocidades

Hay sábados muy largos
y guerras más cortas que una semana

Estoy harto de acuerdos de paz
lo que quiero es ver menos muertos

Por eso he cerrado las puertas
de todos los cementerios
con mis versos.

Llaves

Llevo al exilio como
el que lleva un gene genante
como un genio torpe
proponiendo más y más milagros
llevo a mi exilio de generación
en generación que generan sólo
más dudas y que compran más casas
descubriendo que los techos son flojos
que las lluvias de los tiempos
más fuertes son siempre
los ojos que nos miran por ventanas casi cerradas
tienen caras estropeadas, pieles envenenadas
por generaciones de odios y mentiras.

Mes Vers (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Mes vers n’ouvrent pas des portes
les ferment

Chaque porte que l’humanité a ouverte
a porté plus d’atrocités

Il y à des longs shabbats
et des guerres plus courtes qu’une semaine

Je n’ai marre des accords de paix
ce que je veux c’est de voir moins morts

C’est pour ça que j’ai fermé les portes
de touts les cimetières
avec mes vers.

Clefs

Je porte l’exile comme
Celui qui porte un gène gênante
avec un génie maladroit
qui propose de plus en plus de miracles
je porte mon exile de génération
en génération et il génère seulement
des doutes et que achètent plus de maisons
en découvrant que les toits sont faibles
que les pluies des temps
plus forts sont toujours
les yeux qui nous regardent à travers les fenêtres
presque fermés
ont des visages dépares, des peaux envenimes
par générations de haines et mensonges.

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Para quien escribimos los poemas

(Original Mois Benarroch)

 No, no, que no

 No escribimos

para los que viven

escribimos para los muertos

y para los que no han nacido

todavía, 

para los muertos: para dar

sentido a sus vidas

a sus sufrimientos

a sus escalofríos

a sus muertes

para los que no han nacido: para

que sepan que por algún lado

en un pasado de locos

algún poema

sabía que todos eran

esclavos,

él también.

Pour qui écrivons-nous des poèmes (Version française Rosa Ramos- Jose Alloza)

Non, non, et non

Nous n’écrivons pas

pour les vivants

nous écrivons pour les morts

pour ceux pas encore nés

pour les morts: pour donner

du sens à leurs vies

à leurs souffrances

à leurs frissons

à leurs morts

pour ceux pas encore nés: pour

qu’ils sachent que quelque part

dans un passé de folie

un poème

savait qu’ils étaient des

esclaves,

lui aussi.