Camino en la espalda (Original Mois Benarroch)

Pasos de barro en el mar
orilla destruida por la espuma.
Tus ojos amor no dicen nada
la historia se refleja en ellos
Como un libro que ya nadie lee.
Tus manos mamá no abrazan
los críos son demasiado grandes
son un poema que fue risa.
Pasos sobre montes deshabitados
aldeas de hombres desaparecidos
de la noche a la mañana, otoño
eterno, pasos, paz impenetrable
y tu mirada, hermano muerto,
tu mirada creciendo en mi memoria
a dimensiones monstruosas,
diciéndome, no es ese el camino
el camino en tu espalda está borrado.

Hasta luego

Me voy de mi casa, dejo
mi ciudad, mi país,
dejo mi planeta, pero
siempre con los mismos zapatos

Me voy, sí, siempre yéndome
buscando la otra orilla
el otro árbol, la otra esquina
sin moverme porque ya en ella estoy

Todo es posible menos nuestro encuentro
si nos encontramos todo será imposible.

Chemin dans le dos (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Des pas de boue dans la mer
bord détruit par l’écume.
tes yeux mon amour ne disent plus rien
l’histoire se reflète en eux
comme un livre que personne ne lit plus.
Tes mains maman ne serrent plus dans les bras
les mômes sont trop grands
sont un poème qu’a été rire,
des pas sur collines déshabités
bleds d’hommes disparus
du matin au soir, automne
éternel, des pas, paix impénétrable
et ton regard, frère mort,
ton regard qui grandit dans ma mémoire
avec monstrueuses dimensions,
en me disant, que ce n’est pas ce chemin
le chemin dans ton dos est efface.

A toute à l’heure

Je m’en vais de la maison, je laisse
ma ville, mon pais,
ma planète, mais
toujours avec les même chaussures.

Je m’en vais, oui, toujours
à la recherche de l’autre rive
l’autre arbre, l’autre coin de rue
sans bouger puis que je suis déjà là.

Tout est possible sauf notre rencontre
si nous nous rencontrons tout sera impossible.

La orilla del otro (Original Mois Benarroch)

En la orilla del mar
entre agua y arena
nace mi vida
entre sal y agua
mis ojos se hacen azules
entre orilla y arena
mi piel resplandece
soy el del otro lado del mar
el de la otra orilla
la que dicen que no existe
al fin del mar
soy el sol que amanece
el sol que se acuesta
soy
el otro.

Promesas

Te prometo que un día
volveré con mis manos llenas
de mares
todos los mares serán tuyos
te traeré las orillas y las arenas
hasta tu casa
en aviones enormes
te lo prometo, ya sabes que yo
siempre cumplo mis promesas.

Les bords d’autrui (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Dans les bords de la mer
entre les eaux et les sables
est né ma vie
entre le sel et l’eau
mes yeux se font bleus
entre le bord et le sable
ma peau est resplendissante
je suis de l’autre coté de la mer,
celui de l’autre bord,
celui qu’on dit qu’il n’existe pas.
Au bout de la mer
je suis le soleil quand il se lève
le soleil quand il se couche
je suis
l’autre.

Des promesses

Je te promets qu’un jour
je reviendrai avec mes mains pleines
de mers
toutes les mers seront à toi
j’amènerai des bords et des sables
jusqu’à chez toi
en avions énormes
je te le promets, tu sais que
j’accompli toujours mes promesses

Memoria (Original Mois Benarroch)

Si la poesía es memoria
¿Qué es el recuerdo?
¿Y dónde están tus ojos
hermano
que recuerdo
tan marrones?
¿Dónde la mirada
de nuestras faltas
idioteces
ideas preconcebidas
y muertes inútiles?

Yo escribo para no olvidar
sobre todo
para no olvidar
lo que no recuerdo.

El primer Benarroch en Tetuán

Cuentan que el primer Benarroch de Tetuán
llego de Fez
con su hermano
que murió en el camino
y el lo llevó en su espalda hasta llegar
para que fuese enterrado como se entierra a un judío.

Y yo llevo a mi hermano sobre mi espalda
aunque murió al fin del camino
llevo a mi hermano
como el que guarda un viejo vino.

Tengo un largo cuento que contar
y no es el mío
es el de mis muertos
que me miran como un pino.

Mémoire (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Si la poésie est mémoire
Qu’est-ce que le souvenir?
Et ou sont tes yeux
mon frère, ceux que mon souvenir
remémore si bruns?
Ou est ton regard sur nos fautes,
idioties,
idées préconçues
et morts inutiles?
J’écris pour ne pas oublier
sur tout
pour ne pas oublier
ce que ne me reviens pas.

Le premier Benarroch à Tétouan

On raconte que le premier Benarroch à Tétouan
arrivait de Fez
avec son frère qui était mort en route
et qu’il a porté sur son dos jusqu’à
leur arrivé pour qu’il soit enterré
comme l’on enterre un juif.

Et moi je porte mon frère sur mon dos
même qu’il soit mort en route
je porte mon frère
comme celui qui préserve un vieux vin.

J’ai une longue histoire à raconter
et ce n’est pas la mienne
c’est celle de mes morts
qui me regardent comme un pin.

El dolor (Original Mois Benarroch)

El dolor viene a ponerse en las rodillas
pero es el alma la que grita
por los muertos
y los que van a morir

Los amigos, hijos, mujeres,
vidas perdidas, desperdiciadas
al viento, a barcos sin alas,
vidas perdidas para siempre
hijos no nacidos, nietos no mimados
mundos enteros, Abeles desconocidos
posibilidades que no serán

El dolor viene a ponerse en la cabeza
pero es el mundo el que grita
a través de nuestros cuerpos
cansados de tantas vidas inútiles.

La Douleur (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

La douleur vient aux genoux
mais c’est l’âme qui crie
pour les morts et pour ceux qui vont mourir.

Les amis, les enfants, les femmes,
vies perdues, gaspillées au vent,
à des bateaux sans ailes,
vies perdues pour toujours,
des enfants pas nés,
des petits-enfants pas chéris,
des mondes entiers,
des Abels inconnus,
possibilités qui n’existeront pas.

La douleur s’introduit dans la tête
mais c’est le monde qui crie
à travers nos corps
fatigués de tant de vies inutiles.

Muletas (Original Mois Benarroch)

Os dejo, os dejo marineros de la mancha
en mares negros, os dejo y me voy
no me tiren salvavidas sé muy bien
andar sobre estas aguas
no necesito vuestra ayuda
ni hipotecas futuras
las olas me bastan para andar
el olor de naranjas me llevan a mi tierra
y soy más libre que la libertad que podéis imaginar
más fuerte que toda la ayuda que intentáis darme
para que ande sobre muletas
para después decir que no sé nadar
ni siquiera andar sobre el asfalto
sobre el césped húmedo de la mañana

Eso es, por fin, me voy
que quede claro
no voy a volver.
Nunca.

Des Béquilles (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Je vous laisse, je vous laisse marins de la manche
en mers noires, je vous laisse et je m’en vais
ne me jetez pas de bouées de sauvetage
je sais très bien marcher sur ces eaux
je n’ai besoin de votre aide
ni d’avenirs hypothéqués
les vagues me suffisent pour marcher
l’odeur des oranges m’amène vers ma terre
et je suis plus libre, que toute la liberté que vous pouvez imaginer
plus fort que toute l’aide que vous essayez de me donner
pour que je marche sur mes béquilles
pour après pouvoir dire que je ne peux pas marcher
même pas marcher sur le bitume
sur le gazon humide du matin.

C’est ça, en fin, je pars
que ce soit clair
je ne reviendrais pas.
Jamais.


Arriba la primavera.

S’acaba l’hivern.
El nou cicle s’enceta anualment sense sorpresa.
Còmplices del sol, i les plantes creixents
els protocarionts fotosintetitzadors
la clorofil·la desperten, reverdint el marriment.
Vegetació que viu desvergonyida,
vers la llum a ple rendiment.
Acomiaden al marró malenconiós.
Cloroplast sense malícia.
i la seva obscura tristesa,
se’n tornen a no sé on,
fins la pròxima ombrívola decadència.
Innocent clorosi desarmada, sense llum, pigments desvestits.
Oblidem la fulla caiguda, d’hiverns pansits.
A les neures i sentiments descolorits, fem abatuda.

No hi ha altre camí, es un atzucac sense sortida.
El nou cicle s’enceta anualment sense sorpresa.
S’acaba l’hivern.

Rosa Ramos 2008 del Poemari «Biofotogènesi Poètica»

Le printemps arrive.

L’hiver s’achève.
Le nouveau cycle commence
chaque année, sans surprise.
Complices du soleil et
des plantes qui poussent
les Caroténoïdes photosynthétiques
la chlorophylle éveillent,
et reverdissant la mélancolie.
La végétation revit
sans honte,
vers la lumière à pleine capacité.
Ils reconduisent le gris mélancolique,
le chloroplaste sans malice et sa tristesse sombre,
qui repartent je ne sais ou,
jusqu’à la suivante décomposition ombragée.
Chlorose innocent désarmé,
sans lumière, pigments déshabillés.
Oubliez les feuilles flétries et tombés des hivers.
Les névroses et les sentiments décolorés,
nous les avons abattus.
Il n’y à pas d’autre voie, c’est une impasse.
Le nouveau cycle recommence
chaque année, sans surprise.
L’Hiver se termine.

Traduction française- Sarah Ben Barouch- 2011

APOGEO  DEL  MEDIODÍA (Original José Vidal Valicourt)

Tan  sólo  quedan  los  desperdicios  de  una  biografía.  Aquel  resquicio  de luz  desembocaba  sin  remedio  en  la  noche.  En  una  noche  que  no  era un  mero  paréntesis  del  día,  un  simple  descanso  de  las  horas  lectivas, sino  que  pertenecía  a  la  lógica  del  vacío,  al  umbral  infinito  que  anuncia la  destrucción  de  las  certezas.  Por  vez  primera  sentiste  cómo  la escritura,  tu  vida,  se  desangraba  en  el  centro  asesino  de  aquel  mediodía.  Tan  sólo  te  quedaba  la  dudosa  complicidad  de  los  espejos  en aquella  habitación  sin  sombras.

Desnudo  y  vulnerable,  esperabas  la llegada  de  algún  testigo  que  certificara  tu  soledad.  Alguien  que pronunciase,  sin  pompa,  la  sentencia:  “estás  solo  en  el  mundo.”  Ella,  que  desapareció  por  un  intersticio  de  tu  escritura,  te  espera  ahora  a  la salida  de  este  poema.

APOGEU DEL MIGDIA (Versió catalana Rosa Ramos)

Només queden les deixalles d’una biografia. Aquella resquícia de llum desbocada sense remei a la nit. En una nit que no era una  mera parèntesi del dia, un simple descans de les hores lectives, sinó que pertanyia a la lògica del buit, al llindar infinit que anuncia la destrucció de les certeses. Per primera vegada sentires com l’escriptura, la teva vida, es dessagnava en el centre assassí del migdia.  Tan sols et quedava la dubtosa complicitat dels espills en aquella habitació sense ombres.

Nu i vulnerable, esperaves l’arribada d’un testimoni que certifiques la teva solitud. Algú que pronuncies, sense pompes, la sentencia: “estàs tot sol en aquest món”. Ella que desaparegué en un interstici de la teva escriptura, t’espera ara a la sortida d’aquest poema.

APOGÉE DU MIDI (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Seulement restent les gaspillages d’une biographie. Cette lueur de lumière débouche sans remède dans la nuit. Dans une nuit qui n’était pas une simple parenthèse du jour, un simple repos des heures scolaires, mais qui appartenait a la logique du vide, au seuil infinie qui annonce la destruction des certitudes. Pour la première fois tu as senti comment l’écriture, ta vie, se saignait dans le centre assassin de ce midi. Seulement te restait la douteuse complicité des miroirs dans cette chambre sans ombres.

Nu et vulnérable, t’attendais l’arrivée d’un témoin qui certifie ta solitude. Quelqu’un qui prononce, sans pompes, la sentence : « tu es tout seul dans le monde ». Elle, qui avait disparut dans une fente de ton écriture, t’attends maintenant à la sortie de ce poème.

Para comprar el original: http://www.agapea.com/libros/ZONA-DE-NADIE-isbn-8488956800-i.htm

EL  IDILIO (Original José Vidal Valicourt)

La  escritura  se  desliza  por  su  cuerpo.  El  poema,  al  principio  reticente, te  embarca  en  una  aventura  de  la  que  te  costará  salir.  Levantas  los ojos  del  poema  haciéndose,  y  ves  la  farmacia  parpadeante.  El  eterno dilema: remedio  o  veneno.  La  noche  es  un  amontonamiento  de  proyectos  que  se  van  poco  a  poco  diluyendo.  La  escritura  se  detiene ante  una  aduana  remota,  una  frontera  apenas  visible.  “No  tengo  nada que  declarar”,  balbuceas.  Traspasas  el  umbral  con  las  manos  vacías.

Sospechan  de  ti.  Ella  vuelve  a  deambular  por  el  poema.  Lo  va deformando.  Tú  querías  introducir  un  silencio  en  la  escritura,  un  hueco por  donde  pudieses  escaparte  sin  ser  percibido.  Pero  estás  haciendo  demasiado  ruido,  y  ella  persiste  en  adueñarse  de  los  adjetivos  y  de  los nombres  propios.  Por  un  instante,  piensas  que  estás  acabado,  quesería  mucho  mejor  solventar  el  problema  con  un  verso  fuera  de  tono.

Desde  el  interior  del  poema  se  elevan  lamentos,  desgarraduras,  una sinfonía  de  gatos  locos  o  de  violines  en  celo.  Ahora  suspiras  por  un sistema  cartesiano  que  limpie  de  residuos  esta  olla  de  grillos,  esta polifonía  histérica  para  imponer  una  sola  voz.  Ella  se  insinúa  de  nuevo, pálida  como  una  monja  o  como  una  geisha  (eso  ya  no  lo  sabes,  eso  ya  no  estás  en  condiciones  de  saberlo).  El  poema  encalla.  No  hay  más palabras  que  acudan  en  tu  auxilio.  Escribes,  pero  sólo  estás  empezando a  morir.

EL IDIL·LI (Versió catalana Rosa Ramos)

L’escriptura llisca pel seu cos. El poema, al principi reticent, t’embarca en una aventura de la que et costarà sortir. Aixeques els ulls del poema fent-se, i veus la farmàcia parpellejant. L’etern dilema: remei o  verí. La nit és un apilonament de projectes que es van diluint poc a poc. L’escriptura és deté davant una duana remota, una frontera quasi bé invisible. “No tinc rés per declarar”, balbuceges. Traspasses el llindar amb les mans buides.

Sospiten de tu. Ella torna a deambular pel poema. El va deformant. Tu volies introduir un silenci dins l’escriptura un forat pel que poguessis escapar-te sense ésser apercebut.

Però estàs fent massa soroll, i ella persisteix en apoderar-se dels adjectius i dels noms propis. Per un instant, penses que estàs acabat, que seria molt millor liquidar el problema amb un vers fora de to.

Des del interior del poema se solleven laments, esquinços, una simfonia de moixos esbojarrats o de violins en cel. Ara sospires per un sistema cartesià que netegi de residus aquesta olla de grills, aquesta polifonia histèrica per imposar una sola veu. Ella s’insinua una altre vegada, pàl·lida com una monja o una geisha (això ja no ho saps, això ja no estàs en condicions de saber-ho) El poema encalla. No hi ha més paraules que corrin al teu auxili. Escrius, però només estàs començant a morir.

L’IDYLLE (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

L’écriture se glisse par son corps. Le poème, au début réticent, t’embarque dans une aventure dans laquelle en sortir va te coûter. Tu lèves les yeux du poème ce faisant, et tu vois la pharmacie cillant. Le éternel dilemme: remède ou venin. La nuit est un empilement de projets qui petit à petit se diluent. L’écriture se stoppe devant une douane lointaine, une frontière à peine visible. « Je n’ai rien à déclarer », tu gazouilles.

Tu franchises le seuil avec les mains vides.

Ils te soupçonnent. Elle revient pour déambuler de par le poème. Elle le déforme. Tu voulais introduire un silence dans l’écriture, un fossé où tu puisses t’échapper sens être remarqué. Mais tu fais trop de bruit, et  elle persiste en s’approprier des adjectifs et des noms propres. Pour un instant, tu penses que tu es fini, qu’il serait mieux venir à bout du problème avec un vers hors du ton.

Depuis l’intérieur du poème s’élèvent des lamentations, déchirures, une symphonie de chats fous ou des violons en rut. Maintenant tu soupires à cause d’un système cartésien que nettoie de résidus cette cour du roi Pètaud, cette polyphonie hystérique pour imposer une seule voix. Elle se insinue a nouveau, pale comme une bonne sœur ou une geisha (cela tu ne le sais déjà pas, cela tu n’est plus en conditions de le savoir)

Le poème échoue. Il n’y à plus de paroles qui viennent à l’aide. Tu écris, mais seulement tu commences à mourir.

EL  RELATO  IMPOSIBLE  (Original José Vidal Valicourt)

Ella  se  asoma  a  la  esquina  de  la  página.  Su  figura,  diminuta,  avanza hacia  ti.  Pronto  la  verás  de  cerca,  maquillada  como  una  actriz  japonesa, ofreciéndote  su  cuerpo  pálido.  Antes  de  que  sea  demasiado  tarde,  tendrás  que  apurarte  para  dar  término  a  este  relato.  En  los  márgenes  del  texto  murmuran  unos  personajes  que  solicitan  su  entrada,  su derecho  a  intervenir  en  la  trama.  Tratas  de  convencerles  de  que  ya  no existe  trama  alguna,  de  que  la  narración  ya  no  pertenece  al  tiempo usual  de  la  escritura.

El  presente,  les  dices,  es  sólo  una  acumulación de  espacios  soñados  y  tiempos  que  agonizan  para  organizarse  de  otro modo.

Hay  un  compás  de  espera.  Ella,  sin  dejar  de  bostezar  y  con  una lentitud  que  te  excita,  se  deshace  de  su  kimono  blanco.  Estás  paralizado  entre  lo  que  ya  no  puede  ser  y  lo  que  ya  ha  sido.  Navegas  el  relato.  Ella  se  aproxima  a  su  centro  neurálgico  para  hacerlo  añicos,  para  instaurar  en  el  interior  del  texto  la  mecánica  del  desastre.

EL RELAT IMPOSSIBLE (Versió catalana Rosa Ramos)

Ella s’aboca a la cantonada del pàgina. La seva figura, diminuta, avança vers tu.

Aviat la veuràs de prop, maquillada com una actriu japonesa, oferint-te el seu cos pàl·lid. Abans que sigui massa tard, tindràs que frissar per donar per acabat aquest relat.

En els marges del text murmuren uns personatges que sol·liciten la seva entrada, el seu dret a intervenir a la trama. Tractes de convèncer-los de que ja no existeix cap trama, de que la narració ja no pertany al temps usual de l’escriptura.

El present, els dius, és només una acumulació d’espais somiats i temps que agonitzen per organitzar-se d’una altre manera.

Hi ha un compàs d’espera. Ella, sense deixar de badallar i amb una lentitud que t’excita, és desfà del seu kimono blanc. Estàs paralitzat entre el que ja no pot ser i el que ja ha estat. Navegues el relat. Ella s’aproxima al seu centre neuràlgic per fer-lo miques, per instaurar al interior del text la mecànica del desastre.

LE RÉCIT IMPOSSIBLE (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Elle se penche dans le coin de la page. Sa figure, minuscule, avance vers toi.

Bientôt tu la verras plus près, maquillée comme une actrice japonaise, en te offrant son corps pale. Avant qu’il soit trop tard, il te faudra te hâter pour mener à bien ce récit.

Dans les marges du texte murmurent des personnages qui sollicitent leur entrée, son droit à intervenir dans la trame. Tu essaies de les convaincre que il n’existe pas de trame, que la narration n’appartient plus déjà au temps habituel de l’écriture.

Le présent, tu leur dit, est seulement une accumulation d’espaces rêvés et des temps qui agonisent pour s’organiser d’une autre façon.

Il y à un une mesure d’attente. Elle, sans arrêter de bailler et avec une lenteur qui t’excite, se défait de son kimono blanc. Tu es paralysé entre ce qui ne peut plus être et puis ce qui a déjà été. Tu navigues dans le récit. Elle s’approche à son centre névrotique pour l’émietter, pour instaurer au intérieur du texte la mécanique du désastre.

SEIS  BAGATELAS  PARA  UN  CUARTETO  DE  CUERDA

(Original José Vidal Valicourt)

La  caravana  mortuoria  bajo  el  sol  del  cementerio.  Los  amplios frigoríficos  cerrados  al  vacío.  Silencios  demorados  de  Anton  Webern.

El  largo,  interminable  padrenuestro.  Duele  meter  el  contrabajo  en  la  fosa común.  El  rascado  de  palas  y  espátulas,  la  tenaz  percusión  del  pico  y la  ronca  blasfemia  de  los  albañiles  bajo  el  sol  atronador  del  mediodía.

Pensamos  en  el  fuego:  un  contrabajo  incendiado  es  siempre  más  digno que  un  contrabajo  sepultado.  Las  cigarras  no  han  faltado  a  la  cita.

Todos  lloramos  detrás  de  nuestras  gafas  negras.  Es  un  llanto  callado  y sin  ojos.  El  cementerio  nos  recuerda  a  una  ciudad  norteafricana.

Pensamos  en  túneles  que  conectan  con  míseros  descampados,  con solares  propicios  al  crimen.  Cuánta  piedra  para  la  siesta  eterna,  cuánta montaña  convertida  en  lápida.  Aparecen  por  fin  las  cuerdas  que sostendrán  al  cadáver  en  su  descenso.  “Pero  el  contrabajo  es  tan  grande.  Habrá  que  astillarlo.”  Y  así,  hacha  en  mano,  procedes  al  desbaste.  El  lamento  de  la  madera  es  inenarrable.  Suena  Anton  Webern distorsionado.  Sobre  los  añicos  del  instrumento,  depositas  el  arco.

Luego,  sin  decir  palabra,  la  comitiva  se  va  dispersando.  Hay  pésames distantes,  llantos  reprimidos  y  alguna  que  otra  reverencia.  El  sol  muerde.

El  luto,  como  una  mancha  de  miedo,  avanza  en  sigilo  por  la  explanada.

SIS BAGATEL·LES PER UN QUARTET DE CORDA

(Versió catalana Rosa Ramos)

La caravana mortuòria sota el sol del cementiri. Els amplis frigorífics tancats al buit. Silencis demorats de Anton Webern.

El llarg, interminable parenostre. Ficar el contrabaix a la fossa comú fa mal.

El fregat de pales i espàtules, la tenaç percussió del pic i la ronca blasfèmia dels paletes sota el sol tronador del migdia.

Pensem en el foc: un contrabaix incendiat és sempre més digne que un contrabaix sepultat.

Les cigales no han faltat a la cita. Tots plorem darrera les nostres ulleres negres. Es un plor callat i sense ulls. El cementiri ens recorda a una ciutat nord africana.

Pensem en els túnels que connecten amb mísers descampats, amb solars propicis al crim. Quanta pedra per la migdiada eterna, quanta muntanya convertida en làpida.

Apareixen per fi les cordes que sostindran al cadàver en el seu descens.

“Però el contrabaix és tan gran. L’haurem d’estellar.” I així, destral a la mà, procedeixes al desbast. El lament de la fusta és inenarrable. Sona Anton Webern distorsionat. Sobre el instrument esmicolat, diposites l’arc.

Desprès, sense dir una paraula, la comitiva és va dispersant. Hi ha condols distants, plors reprimits i alguna que altre reverencia. El sol mossega.

El dol, com una taca de por, avança sigil·losament per l’esplanada.

SIX BAGATELLES POUR UN QUATUOR À CORDES

 (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

La caravane mortuaire sous le soleil du cimentière. Les larges morgues fermés au vide. Silences différés d’Anton Webern.

Le long, interminable Nôtre Père. Mettre la contrebasse dans la fosse commune est douloureux.

Le frôlement des pales et spatules, la tenace percussion du pic et le blasphème rauque des maçons sous le soleil assourdissant du midi.

Nous pensons au feu. Une contrebasse incendiée est toujours plus digne qu’une contrebasse ensevelie.

Les cigales n’ont pas manqué le rendez-vous. Nous tous nous pleurions derrière nos lunettes noires. C’est un pleur silencieux et sans yeux le cimentière nous rappelle une ville nord africaine.

Nous pensions à des tunnels qui se rallient avec des terrains découverts miséreux, avec un terrain vague propice au crime. Quand bien pierres pour une sieste éternelle, quand bien de montagnes transformées en pierres tombales.

Apparaissent en fin les cordes qui soutiendrant le cadavre dans sa descente. « Mais la contrebasse est si grande. Il va falloir la briser » Et comme ça, hache à la main, tu procèdes au dégrossissement. Les lamentations du bois sont innombrables. Anton Weber se fait entendre dénaturé. Sur les  miettes de l’instrument, tu déposes l’archet.

Puis, sans dire un mot, le cortège se disperse. Il y à des condoléances distantes, pleurs refoulés et quelques révérences. Le soleil mord.

Le deuil, comme une tâche de peur, avance discrètement sur l’esplanade.