8- (Original Mois Benarroch)

Sí, sí, me voy a calmar
Todo esto va a pasar
Aprenderé a olvidar
Ya que no sé dar
Aprenderé de ti a no buscarte
En mi pantalla
A no esperar una respuesta
A mis emails
Aprenderé a ser fuerte
A despreciar los milagros
Aprenderé a no ser yo
Aprenderé de ti
Soy un buen alumno
Lento pero bueno.

8- (Version française Rosa Ramos)

Oui, oui, je vais me calmer
Tout cela va passer
J’apprendrai à oublier
Puis que je ne sais pas donner
J’apprendrai de toi à ne pas te rechercher
dans mon écran
A ne pas ésperer une réponse
A mes courriels
J’apprendrai à être fort
A mépriser les miracles
J’apprendrai à ne pas être moi
J’apprendrai de toi
Je suis un bon élève
Lent mais bon.

6- (Original Mois Benarroch)
El útero que no dio luz a un bebé
Creó un tumor en tu seno
La energía que no salió de la luz
Que no dio vida
Vino a anunciar la muerte.

No cierres puertas a la luz
Al cerrojo por el que intento entrar
Cierra úteros a engaños
A mentiras que fueron verdades
Y que ya no pueden dar luz.

6- (Version française Rosa Ramos)

L’utérus qui n’a pas donne la vie à un bébé
A crée une tumeur dans ton sein
L’energie qui n’est pas sortie de la lumière
et que n’a pas donné la vie
est venue annoncer la mort.

Ne fermes pas les portes à la lumière
Au verrou par lequel j’éssaie d’entrer
Fermes les utérus aux tromperies
des mensonges qui ont été verités
et que maintenant ne peuvent plus amener la lumière.

3- (Original Mois Benarroch)

Merced de las mercedes
¿Quién era yo en mi adolescencia?
Cuando ibas tan cerca de mis largos pelos
Y tocabas impugnables mis senos
Merced de la misericordia
Y ¿Por dónde te paseabas
Querida imposible
De adolescencias perdidas
Por dónde te paseabas
Cuando tu madre no te dejaba
Dejar la casa?

Merced, te pedía, un teléfono
Una llamada, un signo de vida
Un mínimo de sonrisa
Media mirada en el océano del cielo
Media mirada en una piscina madrileña

¿Qué te pedía, qué no me dabas?
¿Qué no me podías dar?
Si ahora me has dado todo
Me has abierto mil puertas
Para después cerrarme
Novecientas noventa y nueve.
Me queda nos queda diría yo
Un balcón
Un pequeño balcón
Y no tanto sol
Porque no supimos no podíamos
Soportar tanto sol
Y ahora el sol se fue
Para dejarnos en este balcón
En este balcón de la merced
Y de algunas palabras sin sentido.

3-(Version française Rosa Ramos)
Merci des Dames des mercis
Qui étais-je dans mon adolescence?
Quand t’étais si proche de mes longs cheveux
Et tu touchais mes seins contestataires
Merci de la misericorde
Et ou est-ce que tu te promenais?
Chère impossible
Des adolescences perdues
Ou est-ce que tu te promenais?
Quand ta mère ne te laissais pas
quitter la maison?

Merci, je te demandais, un téléphone
Un appel, un signe de vie
Un mínimum de sourire
La moitié d’un regard de l’océan du ciel
La moitíé d’un regard dans une piscine madrilene

Et qu’est ce que je te demandais, que tu ne me donnais pas?
que tu ne pouvais pas me donner?
Si maintenant tu m’as tout donné
Tu m’as ouvert mille portes
Pour après me fermer
Neufcents quatre-vingt dix-neuf.

Il me reste, il nous reste pour mieux dire
Un balcon
Un petit balcon
et pas tant de soleil
Parce que nous n’avons pas su nous ne pouvions
Soupporter tant de soleil
Et maintenant le soleil est parti
Pour nous laisser ce balcon
Dans ce balcon de la merci
Et de certaines paroles sans sens.

2- (Original Mois Benarroch)

Cuando no estás conmigo
Lo único que tiene sentido
Es estar
Sin
Ti

2- (Version française Rosa Ramos)

Quand tu n’es pas avec moi
La seule chose qu’a du sens
C’est d’être
Sans
Toi

Silencio y Compañía (Original Mois Benarroch)

******

Y así todo pasó un viernes
Todo pasa los viernes
Y todos los días son viernes
Te vi por primera vez viernes
Y te fuiste ¿Vienes? Otro viernes
Y ahora voy solo por calles
Que todos los días me recuerdan viernes
Y es el plural lo que más me falta
El nosotros que era tan digno de esa palabra
Ese nosotros único
Ese diálogo, diálogo imposible que nació un viernes,
En el que mi frase próxima
Sólo podía nacer de la tuya

Pero ahora estas son frases eternamente monologas
Eternamente desaparecidas, desprendidas del milagro
Frases de eternos conflictos en el que una mano no encuentra a la otra.

Silence et Compagnie (Version française Rosa Ramos)

******

Et c’est comme ça que tout est arrivé un vendredi
Tout arrive les vendredis
Et tous les jours sont vendredis
Je t’ai vu un vendredi pour la première fois
Et tu es partie ¿Tu reviens? Un autre vendredi
Et maintenant je marche seul dans les rues
Que tous les jours me font penser aux vendredis
Et c’est le pluriel ce que me manque les plus
Le nous était si digne de cette parole
Ce nous unique
Ce dialogue, dialogue impossible qu’est né un vendredi,
dans lequel ma prochaine phrase
Peuvait seulement naître dans la tienne

Mais maintenant celles là sont des phrases éternellement monologues
éternellement disparues, détaches du miracle
Des phrases des éternels conflits dans lequels une main ne trouve pas l’autre.

Mirada (Original Mois Benarroch)

Amar querrán las olas tu mirada
como soles desencantados
atar querrán tus manos el pasado
atar hasta matar.

Amada tantas veces
hasta depreciar el amor dado
dibujada tantas veces
hasta ser extranjera en tu cuerpo.

Es una mirada perdida en el tiempo
una vela nunca encendida quemada
por la nieve y el frío de tus miradas.

Es un amante de más que los años no borran
a pesar de los hijos el marido el cambio
de país y de esa mirada secada por el mar.

Regard (Version française Rosa Ramos)

Aimer voudront les vagues ton regard
comme des soleils désenchantées
ligoter voudront tes mains le passé
ligoter jusqu’à mourir

Aimée tant de fois
jusqu’à déprécier l’amour donné
dessinée tant de fois
jusqu’à être étrangère de ton corps.

C’est un regard perdu dans le temps
une bougie jamais allumée brûlée
par la neige et le froid de tes regards.

C’est un amant de trop que les années n’effacent
en dépit des enfants le mari le déménagement du pays
et de ce regard asséché par la mer.

Olvidar (Original Mois Benarroch)

Ten cuidado de mujeres sin pechos
dijo mi padre

y en este hotel estrellado
como las noches del desierto
son tan bonitas las chicas
tan jóvenes
terriblemente jóvenes
con los pechos adelante
ven mis años

Olvídate de las jóvenes
dijo Raymond Carver

y cuánto mas jóvenes son
los pechos negando la gravitación
las piernas líneas rectas
así todo alrededor se hace viejo
ancestral

Olvídate de los poemas de amor
dijo el poeta.

Oublier (Version française Rosa Ramos)

Fais attention au femmes sans poitrine
m’a dit mon père

et dans cet hôtel étoilé
comme les nuits du dessert
sont si belles les filles
si jeunes
terriblement jeunes
avec leur poitrines vers l’avant
elles voient mon age

Oublies les jeunes
a dit Raymond Carver

et plus elles sont jeunes
ses seins nient la gravitation
les jambes des lignes droites
comme ça tout les alentours deviennent vieux
ancestrales

Oublies les poèmes d’amour
à dit le poète.

Tiempos duros (Original Mois Benarroch)

No importa lo que hacemos esto es increíble
los tiempos duros eran mejores
cuando nos movíamos solos a lo largo de esos laberintos
Tiempos más solitarios que el pensamiento
el Támesis era mas bello que el Sena,
Mírame, dijo sosteniendo mi mano
como si fuese a morir
mírame
el tiempo está loco pero nosotros también
esta lluvia durará eternamente
pero nosotros no
este mundo durará eternamente
pero nuestro cuerpo nuestro cuerpo
hermoso se irá deteriorando
como un Dios cayendo de los cielos
mírame, dije,
líneas de poesía como líneas de tu cara
cuanto más feas más inteligentes.

Temps durs (Version française Rosa Ramos)

N’importe ce que l’on fait c’est incroyable
les temps durs étaient mieux
quand nous nous mouvions seuls dans ces labyrinthes
Temps plus solitaires que la pensée
la Tamise était plus belle que la Seine,
Regardes-moi, elle à dit tenant ma main
comme si j’allais mourir
regardes-moi
le temps est fou mais nous aussi
cette pluie va durer éternellement
mais pas nous
ce monde va durer éternellement
mais notre corps notre corps
magnifique va se détériorer
comme un Dieu qui tombe des cieux
regardes-moi, j’ai dit,
des lignes de poésie comme lignes de ton visage
plus elles sont moches plus elles deviennent intelligentes.

Despedida (Original Mois Benarroch)

«Ya que te vas
por favor tira la
basura
ya que te despides de mí
como si fuese un perro
como si fuese uno más
y ahora uno menos
haz algo práctico
tira la basura
y también llévate tus botas
y tu chaleco azul
y tu
Lingerie
no no te molestes en decir
cosas banales e idiotas
como
seguiremos siendo
amigos
seguiremos follando
una vez al mes
o seguiremos en contacto
y no me eches esa mirada de puta
y esa sonrisa de menina
y además no te preocupes
por la mujeres que vendrán después de
que te vayas
mañana mismo me vuelvo marica.»

Adieux (Version française Rosa Ramos)

«Puis que tu t’en vas
s’il te plaît jetes la
poubelle
puis que tu me dis adieu
comme si j’étais un chien
comme si j’étais un de plus
et maintenant un de moins,
fais quelque chose de pratique
jetes la poubelle
et puis amene aussi tes botes
et ton gilet bleu
et ta
Lingerie
non ne te déranges pas à me dire
des choses banales et idiotes
comme
que nous continuerons à être
amis
que nous continuerons à baiser
une fois par mois
ou que nous serons en contacte
et ne me jetes pas ton regard de pute
et ce sourire de menine
et en plus ne t’inquietes pas
à cause des femmes qui viendront après
que tu t’en ailles
demain je deviens pédé»

Más duro (Original Mois Benarroch)

Es un amor maduro
no una ilusión pasajera
lo hemos destruido ya
mil veces
y mil y una vez
se vuelve a levantar
primera mujer destinados
desde antes de nacer
a la edad de cuarenta días

es una amor maduro
un amor cada día mas duro
cada pared que rompemos
fortalece las fundaciones.

Plus fort (Version française Rosa Ramos)

C’est un amour mur
non pas une illusion passagère
nous l’avons déjà détruit
mille fois
et mille et une fois
se leve encore
première femme destinés
avant de naître
a l’âge de quarante jours

c’est un amour mur
un amour chaque jour plus fort
chaque mur que nous cassons
fortifie les fondations.