DESABER (Original Mois Benarroch)

En mi sueño
preguntaba al ciego
cómo se aprende a no saber
cómo
se olvida lo sabido
lo leído
lo visto
si ni siquiera existe
en ninguna lengua
el verbo desaber
cómo
puede uno volver
al estado en que estaba
antes de saber
algo
cómo aprende uno a deshacer
las mentiras del pasado
sobre las cuales
se han construido
montes
de sabiduría.

DESAVOIR (Version française Rosa Ramos)

Dans mon rêve
je demandais à l’aveugle
comment on l’apprend à non savoir
comment
on oublie ce que l’on sait
ce qu’on a lu
ce qu’on a vu
s’il n’existe même pas
dans aucune langue
le verbe desavoir
comment
pouvons revenir
à l’état qu’on étais
juste avant de savoir
quelque chose
comment apprendrons a défaire
les mensonges du passé
sur lesquelles
se sont construït
montagnes
de sagesse.

La guerra civil (Original Mois Benarroch)

Mi padre se vio obligado a dejar sus estudios de derecho
mientras mataban a García Lorca
esos son los más importantes acontecimientos de la guerra civil
y también murieron un millón de personas y los malos ganaron
pero después Franco pudo decir durante cinco años a Hitler
que no podía meter a su pueblo en una guerra después de la guerra civil
y así no murieron tres millones más,
entonces que nadie me diga que la historia tiene lógica
y mi padre me contaba como andaba de noche por el centro de las calles
para que nadie le saltara con un cuchillo desde una esquina
y cuando le preguntaban en el bar mientras comía la tapa
si era franquista o republicano respondía que era judío
y que los judíos no se meten en política
y cuando le preguntaban a favor de quién estaba se hacia el idiota
y como se suponía que todos los judíos eran idiotas o tenían cola
se pudo salir de la guerra civil sin meterse en líos.
A veces los prejuicios de la gente pueden ser una bendición.

La guerre d’Espagne (Version française Rosa Ramos)

Mon père à été obligé de laisser tomber ses études de droit
alors qu’ils tuaient García Lorca
ce sont les plus importants événements de la guerre d’Espagne
et aussi sont mort un million de personnes et les méchants on gagné
mais après Franco à pu dire pendant cinq ans à Hitler
que no pouvait pas mettre son peuple dans une autre guerre après celle-ci
et comme ça trois millions ne sont pas morts en plus,
donc que personne ne vienne me dire que l’histoire à une quelconque logique
et mon père me racontais comment il marchait
seul la nuit dans la part centrale des rues
afin que personne ne l’attaquât avec un couteau sur les coins
quand on lui demandait dans quel café il mangeait sa tapa
ou s’il était franquiste ou républicain il répondait qu’il était juif
et que les juifs ne se mêlent de la politique
et quand on lui demandait si était pour l’un ou l’autre
il faisait le fou et comment il était connu
que tous les juifs était fous ou ils avaient une queue
il à peut sortir de la guerre sans trop de soucis.
Parfois les préjudices des gens sont une bénédiction.

La casa del extranjero (Original Mois Benarroch)

Soy extranjero en todas partes
y ningún sitio me es extraño
desde Tetuán hasta Estambul
oigo pasos de ladino
personas que anduvieron por todos lados
con el olor de un naranjo de Granada
veo casas con piedras
que los constructores pusieron mientras soñaban
con Lucena
huellas de judíos
con olores pasados de generación
en generación, y ningún sitio me es
extraño.
No tengo casa
y todo el mundo es mi casa.

La maison de l’étranger (Version française Rosa Ramos)

Je suis étranger par tout
et nulle part m’est étrange
depuis Tétouan jusqu’à Istanbul
j’entends des pas en judéo-espagnol
personnes qu’on marché par tout
avec le flaire d’un oranger de Grenade
je vois maisons en pierre
que les constructeurs ont mis alors que rêvaient
de Lucena
empreintes de juifs
avec des arômes passés de génération
en génération, et nulle part me parait étrange.
Je n’ai pas de maison
et le monde entier est ma maison.

Érase otra vez (Original Mois Benarroch)

Érase una vez un pueblo.
Érase una vez un judío.
Érase una vez un adiós.
Érase una vez un judío un cristiano y un moro.
Érase una vez un mundo.
Érase una vez una ciudad.
Érase una vez un país.
Érase una vez una ciudad llamada Granada.
Érase una vez una granada.
Érase una vez un niño.
Érase una vez un pañuelo.
Érase una vez una lágrima
que no podía salir del ojo.
Érase una vez un sueño.
Érase una vez dos sueños.
Érase una vez tres sueños.
Érase una vez un despertar.

Il était une autre fois (Version française Rosa Ramos)

Il était une fois un peuple.
Il était une fois un juif.
Il était une fois un adieu.
Il était une fois un juif, un chrétien et un maure.
Il était une fois un monde.
Il était une fois une vile.
Il était une fois un pays.
Il était une fois une vile appelé Grenade.
Il était une fois une grenade.
Il était un fois un enfant.
Il était une fois un foulard.
Il était une fois une larme
que ne pouvait pas sortir de l’oeil.
Il était une fois un rêve.
Il était une fois deux rêves.
Il était une fois trois rêves.
Il était une fois un réveil.

Nosotros
(Original Mois Benarroch)

Cuando digo nosotros
quien soy Yo
cuando digo nosotros
¿soy un Israelí
pegando a palestinos?
o un marroquí
buscando paz?
cuando
digo nosotros quien soy
el oprimido o
el opresor
cuando digo nosotros
Yo
nunca estuve en una guerra
nunca en un campo de concentración
cuando Yo digo nosotros
nunca golpeé a un Arabe
cuando digo nosotros
las piedras que me tiraron a mí
los niños marroquíes
cuando digo nosotros
¿ soy Yo todavía yo?

Nous (Version française Rosa Ramos)

Quand je dis nous
qui suis-Je
quand je dis nous
Suis-je un Israélien
collé a des palestiniens?
ou un marocain
à la recherche de la paix?
quand
je dis nous, qui suis-je
opprimé ou
oppresseur
quand je dis nous
Je
n’ai jamais été dans une guerre
jamais dans un camp de concentration
quand Je dis nous
je n’ai jamais frappé un Arabe
quand je dis nous
alors que j’ai reçu des cailloux
des enfants marocains
quand je dis nous
Suis-Je moi même encore?

Un pájaro lee (Mois Benarroch)

En el tránsito de las estaciones
cuando el viento galante sopla
un pájaro se sienta y lee
toda la Torah
un pájaro se sienta y lee
todas las palabras de los profetas
un pájaro se sienta y lee
todas las crónicas del mundo
y alaba al creador
y la gente se pasea y mira
y dice oh qué pájaro tan bonito
pájaro hermoso leyendo
todos sus corazones.

Un oiseau lit (Version française Rosa Ramos)

Dans le transit des saisons
quand le vent galant souffle
un oiseau s’assoit et lit
toute la Torah
un oiseau s’assoit et lit
toutes les paroles des prophètes
un oiseau s’assoit et lit
toutes les chroniques du monde
et loue le créateur
et les gens se promènent et ils regardent
et dissent oh quel bel oiseau
oiseau magnifique lissant
leur coeurs.

LOS POETAS ÁRABES (Original Mois Benarroch)

De lo que más me arrepiento
es de no haber atendido
las clases de Árabe
ahora son los poetas
que más me atañen
me hablan de Andalucía
Al-Andalus
la misma Andalucía de mis memorias
me hablan del exilio
del que es tabú hablar en Israel
me hablan de la belleza de las moras
tan sensuales en sus caftanes
me hablan del mar
y siento que nos hemos bañado
en las mismas aguas
los montes tienen los mismos colores
de esto ni siquiera puedo hablar en esta
democracia
como ellos mismos no pueden hablar de tantas
cosas
las eludimos como podemos
y al igual que ellos
soñamos en la Andalucía celeste
en la que todos los hijos de Abraham
fueron una vez hermanos.
O por lo menos primos.

LES POÈTES ARABES (Traduccion française Rosa Ramos)

Ce que regrette le plus
c’est de ne pas avoir fait assez attention
aux cours d’arabe
maintenant c’est les poètes
qui me touchent le plus
ceux qui me parlent de l’ Andalusíe
Al-Andalus
la même Andalusíe de mes souvenirs
me parlent de l’exile
duquel est tabou parler en Israël
me parlent de la beauté des maures
tant sensuelles dans leurs cafetans
me parlent de la mer
et je sens que nous avons baigné
dans les mêmes eaux
les montagnes ont les mêmes couleurs
de cela je ne peux pas en parler dans
cette démocratie
comme eux ne peuvent pas parler
de beaucoup d’autres choses
l’on se dérobe comme l’on peut
et pareil qu’eux
nous rêvons d’une Andalusie céleste
dans laquelle tous les enfants d’Abraham
un jour furent frères.
Ou au moins cousins.