Piernas cansadas de amor (Original Mois Benarroch)

Piernas cansadas de bailar
que vinieron a reposar en mi cama
de tanto que saltaron deshicieron las rodillas
sin embargo son todavía bellas y rectas

Piernas que corrieron hacia amantes
que soñaron en grandes ballet
que amaron las calles de París
cuando yo todavía no conocía París

Piernas que volvieron a casa
cuando el metro se fue a dormir
volvieron cansadas desilusionadas
o llenas de amor a veces solas
a veces acompañadas

Y un día llegaron a mi cama
y aquí se quedaron
buscando mis poemas
mis palabras que describieran
los pasos que olvidaban.

Jambes fatigues d’amour (Version française Rosa Ramos)

Jambes fatigues de danser
que sont venu reposer dans mon lit
elles ont sauté tant que ses genoux se sont défait
cependant sont encore belles et droites

Jambes qu’on couru vers amants
que ont rêve au grands ballets
que ont aimé les rues de Paris
quand moi je ne connaissais encore Paris

Jambes que sont revenues à la maison
quand le métro est parti se coucher
sont revenues fatigues déçues
ou pleines d’amour parfois seules
parfois accompagnées

Et un jour sont arrivées a mon lit
et puis elles y sont restés
à la recherche de mes poèmes
mes paroles que décriraient
les pas qu’elles oubliaient.

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Mirada (Original Mois Benarroch)

Amar querrán las olas tu mirada
como soles desencantados
atar querrán tus manos el pasado
atar hasta matar.

Amada tantas veces
hasta depreciar el amor dado
dibujada tantas veces
hasta ser extranjera en tu cuerpo.

Es una mirada perdida en el tiempo
una vela nunca encendida quemada
por la nieve y el frío de tus miradas.

Es un amante de más que los años no borran
a pesar de los hijos el marido el cambio
de país y de esa mirada secada por el mar.

Regard (Version française Rosa Ramos)

Aimer voudront les vagues ton regard
comme des soleils désenchantées
ligoter voudront tes mains le passé
ligoter jusqu’à mourir

Aimée tant de fois
jusqu’à déprécier l’amour donné
dessinée tant de fois
jusqu’à être étrangère de ton corps.

C’est un regard perdu dans le temps
une bougie jamais allumée brûlée
par la neige et le froid de tes regards.

C’est un amant de trop que les années n’effacent
en dépit des enfants le mari le déménagement du pays
et de ce regard asséché par la mer.

Olvidar (Original Mois Benarroch)

Ten cuidado de mujeres sin pechos
dijo mi padre

y en este hotel estrellado
como las noches del desierto
son tan bonitas las chicas
tan jóvenes
terriblemente jóvenes
con los pechos adelante
ven mis años

Olvídate de las jóvenes
dijo Raymond Carver

y cuánto mas jóvenes son
los pechos negando la gravitación
las piernas líneas rectas
así todo alrededor se hace viejo
ancestral

Olvídate de los poemas de amor
dijo el poeta.

Oublier (Version française Rosa Ramos)

Fais attention au femmes sans poitrine
m’a dit mon père

et dans cet hôtel étoilé
comme les nuits du dessert
sont si belles les filles
si jeunes
terriblement jeunes
avec leur poitrines vers l’avant
elles voient mon age

Oublies les jeunes
a dit Raymond Carver

et plus elles sont jeunes
ses seins nient la gravitation
les jambes des lignes droites
comme ça tout les alentours deviennent vieux
ancestrales

Oublies les poèmes d’amour
à dit le poète.

Poema de Amor en Hoja de Banco (Original Mois Benarroch)

Te escribí un poema en una hoja de Banco
llena de números insensibles sin sentido
llena de deudas y de esperanza
como tu los días húmedos
como yo los días de nieve
me dijiste que los números
te recuerdan campos de concentraciones
y que no puedes hacer cuentas
por eso no hay quien pare ese descubierto
por eso te escribí un poema en una hoja de Banco.
Quería comprender.

Poème d’Amour sur feuille de Banque (Version française Rosa Ramos)

Je t’ai écrit un poème sur une feuille de la Banque
pleine de numéros insensibles et sans sens
pleine de dettes et d’espoir
comme toi les jours humides
comme moi les jours de neige
tu m’as dit que les numéros
te font penser à des champs de concentrations
et que c’est pour ça que tu ne peux pas faire de comptes
c’est pour ça que l’on ne peut pas arrêter ce découvert
c’est pour ça que je t’ai écrit un poème sur une feuille de la Banque.
Je voulais comprendre.

Tiempos duros (Original Mois Benarroch)

No importa lo que hacemos esto es increíble
los tiempos duros eran mejores
cuando nos movíamos solos a lo largo de esos laberintos
Tiempos más solitarios que el pensamiento
el Támesis era mas bello que el Sena,
Mírame, dijo sosteniendo mi mano
como si fuese a morir
mírame
el tiempo está loco pero nosotros también
esta lluvia durará eternamente
pero nosotros no
este mundo durará eternamente
pero nuestro cuerpo nuestro cuerpo
hermoso se irá deteriorando
como un Dios cayendo de los cielos
mírame, dije,
líneas de poesía como líneas de tu cara
cuanto más feas más inteligentes.

Temps durs (Version française Rosa Ramos)

N’importe ce que l’on fait c’est incroyable
les temps durs étaient mieux
quand nous nous mouvions seuls dans ces labyrinthes
Temps plus solitaires que la pensée
la Tamise était plus belle que la Seine,
Regardes-moi, elle à dit tenant ma main
comme si j’allais mourir
regardes-moi
le temps est fou mais nous aussi
cette pluie va durer éternellement
mais pas nous
ce monde va durer éternellement
mais notre corps notre corps
magnifique va se détériorer
comme un Dieu qui tombe des cieux
regardes-moi, j’ai dit,
des lignes de poésie comme lignes de ton visage
plus elles sont moches plus elles deviennent intelligentes.