Tilde sobre tilde (Original Mois Benarroch)

Eres la única mujer que me tilda
Pero
Otros
Te tildan a ti

A veces soy
Letra bajo tilde
A veces
Tilde sobre letra

Pero
Nunca somos
Esdrújulas.

Taxe sur Taxe (Version française Rosa Ramos)

Tu es la seule femme qui me taxe
Mais
D’autres
Te taxent

Parfois je suis
Lettre sous taxe
Parfois
Taxe sur lettre

Mais
Nous ne sommes jamais
Hypertaxes

La lección (Original Mois Benarroch)

Contigo no aprendí nada
Más que
A vivir en ti
Me pasé días pensando en tus ex
Amantes
Imaginando como te miraban
Y como los mirabas

Bajo sus cuerpos
A veces el sexo
Era ser ese amante del día
Que no fui
Ese extranjero
Que nunca se convirtió
En evidencia

Supiste muy bien decirme
Te amo
Pero no supiste
Amarme

Contigo aprendí todo
Menos
Lo que quería aprender.

La leçon (Version française Rosa Ramos)

Avec toi je n’ai rien appris
Seulement à
vivre en toi
J’ai passé des journées à penser à tes ex
amants
Imaginant comment ils te regardaient
Et comment tu les regardais
Toi
Sous leur corps
Parfois le sexe
C’était être cet amant du jour
Que je n’étais pas
Cet étranger
Que jamais ne s’est converti
En évidence

Tu as su très bien me dire
Je t’aime
Mais tu n’as pas su
M’aimer

Avec toi j’ai tout appris
Sauf
Ce que je voulais apprendre

Puente (Original Mois Benarroch)

Te espero bajo un puente
Sobre un río seco
Cerca del castillo
Y los caballos cabalgan
Sobre mi cabeza
Los oigo llorando
Pero tú no
Llegas

Te espero sobre un puente
Parisino
Un río muerto
Una ciudad que cae
Y tú no
Llegas

Te espero dentro de un tren
Que viaja sobre todos los puentes del mundo
Y cada vez que oigo tu voz
Mi voz se seca
Y las palabras se hablan hacia adentro
Se convierten en poemas
Que tú no oyes
Y que sólo las mujeres celosas solas
Leen.

Pont (Version française Rosa Ramos)

Je t’attends sous un pont
Sur un fleuve sec
Près du château
Et les chevaux chevauchent
Sur ma tête
Je les entends pleurer
Mais tu n’arrives pas

Je t’attends sur un pont
Parisien
Un fleuve mort
Une vile qui tombe
Et tu n’arrives pas

Je t’attends a l’intérieur d’un train
Qui voyage sur touts les ponts du monde
Et chaque fois que j’entends ta voix
Ma voix s’assèche
Et les paroles se parlent vers le intérieur
Se transforment en poèmes
Que tu n’entends pas
Et que seulement les femmes jalouses solitaires
Lissent.

La última mirada (Original Mois Benarroch)

Me mira con esa cara
Sentada al lado del que la besa
Diciéndome
Ya ves
Con quien estoy
Me ama, le digo que le amo
Pero sé muy bien que no es él
Al que buscaba
Pero tampoco eres tú
Aunque tienes la misma cara perdida
Tenemos eso en común
Pero tampoco eres tú el que busco
Tenemos caras de los que buscaron
Los que creyeron encontrar
Por haber buscado tanto
Tenemos cara de los
Que hemos perdido
En este rango.

Se levanta
Deja una propina
Me mira por última vez
Mujer desconocida
Desaparece de mi mundo
Mira mi cara desesperada
Mientras él
Le pone una mano en el culo
Y ella sonríe

No sé si a su mano
O a mí.

Le dernier regard (Versión française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Elle me regarde avec ce visage
Assise a côte de celui qui l’embrasse
En me disant
Tu vois
Avec qui je suis
Il m’aime, je lui dis que je l’aime
Mais je sais très bien que ce n’est pas lui
Qui je cherchais
Mais ce n’est pas toi non plus
Même si tu as la même tête perdue
Nous avons ça en commun
Mais tu n’es pas non plus celui que je cherche
Nous avons les têtes de ceux qui nous ont cherche
Ceux qui ont cru trouver
De trop avoir cherche
Nous avons le visage de ceux
Que nous avons perdu
Dans ce rang.

Il se lève
Il laisse un pourboire
Elle me regarde pour la dernière fois
Femme inconnue
Disparaît de mon monde
Regarde ma tête désespérée
Tandis que lui
Lui met la main dans les fesses
Et elle sourit.

Je ne sais pas si à cause de sa main
Ou de moi.

Un pasado futuro (Original Mois Benarroch)

Y esto que pasó
Hace ya cinco años
Gané un premio literario
Con un manuscrito
Corregido
Por tus ojos
Y te compré un anillo de oro
Con un rubí
¿Te gustan los rubíes?
Y cuando me diste las gracias
¿Cómo se puede dar tanto?
Sabíamos los dos que nunca te lo pondrías
Y que alguien lo heredará
Creyendo que es una simple
Piedra preciosa
Sin saber su historia
Sin saber
El color de nuestras memorias.

Un passé future(Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Ce qui c’est passé
Il y à déjà cinq ans
J’ai gagne un prix littéraire
Avec un manuscrit
Corrigé
Par tes yeux
Et je t’ai acheté une alliance en or
Avec un rubis
Est-ce que tu aimes les rubis?
Et quand tu m’as dit merci
Comment peut-on donner autant?
Nous savions tout les deux que jamais tu ne le mettrais
Et que quelqu’un va l’hériter
Croyant que ce n’est-ce que une simple
Pierre Précieuse
Sans savoir son histoire
Sans savoir
La couleur de nos mémoires

Te cantaré de ríos y de mares (Original Mois Benarroch)

Te cantaré de ríos y de mares
De olas que nunca ven truenos
Te contaré sobre barcos y sobre
Ballenas que comen miel de noche.

Te cantaré mi amor sobre amas
Que dejaron sus casas en busca de peces.
Te contaré sobre medusas que
Se convirtieron en sirenas.

Mírame, mis ojos son de cristal
Mis espaldas son mapas.

Mapas de tierras desconocidas
Mapas de colones futuros

Mírame soy la luna de luz propia
Soy el sol que no ciega.

Je te chanterai des fleuves et des mers(Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Je te chanterai des fleuves et des mers
De vagues que ne voient jamais des tonnerres
Je te raconterai sur les bateaux et sur des
Baleines qui mangent du miel la nuit.

Je te chanterai mon amour sur des maîtresses
Qu’ont laisse leurs maisons à la recherche de poissons.
Je te raconterai sur les méduses que
se sont converties en sirènes.

Regarde-moi, mes yeux sont en cristal
Mon dos des cartes.

Cartes de terres inconnues
Cartes de futurs colons

Regarde-moi je suis la lune avec sa propre lumière
Je suis le soleil qui n’aveugle pas.

No entiendo Original Mois Benarroch

No entiendo este mundo en el que no estamos juntos
Entiendo mejor las guerras, los genocidios, los terremotos
Nosotros, que somos unidad
Y que vivimos en la distancia de la materia
No entiendo el sentido de la nube sin lluvia.

No entiendo para qué sirven las palabras
Si no nos pueden unir
Si los mares que nos separan son
Más fuertes que ellas.

No entiendo la distancia en la unidad del corazón
Ni como baten los barcos cuando el naufragio es una mentira
Mientras nuestra distancia es la que crea
Las guerras y todos los desastres humanos.

No entiendo qué sentido tiene el mundo en la noche estrellada
Cuando estás lejos de mí y miras las mismas estrellas.
Ni para qué se molestó Dios en crearlo
Tan sin sentido, tan inhumano

Je ne comprends pas (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Je ne comprends pas ce monde dans lequel nous ne sommes pas ensemble
Je comprends mieux les guerres, les génocides, les tremblements.
Nous, que sommes unité
nous vivons dans la distance de la matière
Je ne comprends pas les sens du nuage sans pluie.

Je ne comprends pas à quoi servent les paroles
Si elles ne peuvent pas nous unir
Si les mers qui nous séparent sont
Plus fortes qu’elles.

Je ne comprends pas la distance dans l’unité du coeur
Ni comment battent les bateaux quand le naufrage est un mensonge
Tandis que notre distance est celle que crée
Les guerres et touts les désastres humains.

Je ne comprends pas quel sens a le monde dans la nuit étoilé
Quand tu es loin de moi et regardes les mêmes étoiles
Ni pour quoi Dieu c’est embêté à créer
Cette absurdité, si inhumaine

Te espero
en una estación de tren
desierta

Poemas de amor y delirio (Original Mois Benarroch)

******

Vivir ahora con la sabiduría
De que nunca serás mía
De que existes sólo lejos de mí
Y de que
No entiendo por qué no
Nos encontramos antes
Que si tu exilio y el mío
Se hubieran encontrado
Ya exilio no existiría.

Pero es también saber
Que siempre en noches de frío soledad desespero
Siempre estabas aquí cerca en este mismo planeta

Y que cuando te sentía tan cerca de mi destierro
Era por que lo estabas.

Je t’attends
dans une gare de train
déserte

Poèmes d’amour et délire (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

******

Vivre maintenant avec la sagesse
que jamais tu ne seras à moi
que tu existes seulement loin de moi
Et que
Je ne comprends pas pourquoi
Nous ne nous sommes pas rencontres avant
Et que si ton exile et le mien
Se seraient rencontres avant
L’exile n’existerait plus.

Mais c’est aussi savoir
Que toujours dans les nuit froides de solitude et désespoir
T’étais toujours ici proche dans cette même planète

Et que quand je te sentais si proche de mon ostracisme
C’était parce que tu l’étais.

Buscando aire (Original Mois Benarroch)

Noches de asma
en frente del monte
buscando aire
y tú mamá noches sin dormir
días sin escuela
buscando aire
ahogado
buscando aire
como hoy
como siempre
en un mundo ahogado
y tu mamá
ahogándome más todavía
tratando de traerme aire
de la montaña de enfrente
de los árboles, del otoño
del verano, del mar, del médico
de las tumbas, de los dioses,
de cualquier lado

Y hoy estás en el hospital
asmática
buscando aire
oxígeno
y sintiéndote sola.

Necesidad

Por favor
Dime que tengo razón
por favor dime
que no estoy soñando
que los montes que veo
no son fantasmas
que las memorias
no son invenciones
dime que todo este viaje
sin fin
tiene algún sentido.
Por favor
aunque sea mentira
dime que mi casa natal
todavía está en la misma calle
dime que nadie la ha tumbado
por favor convénceme
que no soy un elefante
y que toda mi memoria tiene sentido.
Por favor
tengo que escuchar estas palabras
muchas
muchas veces.

Cherchant de l’aire (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Nuits d’asthme
en face de la montagne
cherchant de l’aire
et toi maman, nuits sans dormir
jours sans école
cherchant de l’aire
étouffe
cherchant de l’aire
comme aujourd’hui
comme toujours
dans un monde étouffé
et toi maman
m’étouffant d’avantage
essayant de m’amener de l’aire
de la montagne d’en face
des arbres, de l’automne
de l’été, de la mer, du docteur
des tombeaux, des dieux,
de n’importe ou.

Et aujourd’hui tu es à l’hôpital
asthmatique
cherchant de l’aire
oxygène
et te sentant toute seule.

Besoin

S’il te plaît
Dis-moi que j’ai raison
S’il te plaît dis-moi
que je ne rêve pas
que ces montagnes que je vois
ne sont pas des fantômes
que les mémoires
ne sont pas des inventions
dis-moi que tout ce voyage
sans fin
a du sens.
S’il te plaît
même si c’est faux
dis-moi que la maison de ma naissance
est encore dans la même rue
dis-moi que personne ne l’a fait tomber
s’il te plaît convaincs-moi
que je ne suis pas un éléphant
et que toute ma mémoire a du sens.
S’il te plaît
Il faut que j’écoute ces paroles
encore
et encore.

Esquinas (Original Mois Benarroch)

Me gustan las esquinas
porque es donde las calles
se besan
y donde los amantes
a veces
después de meses
vuelven a abrazarse

y porque allí te vi ayer con tu bufanda roja
buscando una mirada que nunca encontrarás
una cabina telefónica para poder llamar
al que cuando viene no está
y cuando no viene es el despertar.

Jerusalén Nevada

Qué bella es Jerusalén cuando nieva parece una novia contenta
todo es tranquilidad las discusiones desaparecen de los rostros
todas las guerras se olvidan en esta ciudad cargada de historia
de memorias intolerancias y templos que recuerdan todo el futuro.

Des coins (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

J’aime les coins
parce que c’est là ou les rues
s’embrassent
et ou les amoureux
parfois
après des mois
se serrent dans les bras.

Et parce que là-bas je t’ai vue hier avec ton écharpe rouge
cherchant un regard que jamais tu ne trouveras
une cabine téléphonique pour pouvoir appeler
à celui que quand il vient, il n’est pas
et quand il reviens, c’est le réveil.

Jérusalem Enneigé
Qu’elle est belle Jérusalem quand il neige on dirait une fiancée heureuse
tout est tranquillité les discussions disparaissent des visages
toutes les guerres s’oublient dans cette ville chargé d’histoire
de mémoires intolérances et temples qui rappellent tout l’avenir.