Llegó al consultorio en dónde tenía una cita con la oftalmóloga con una bombilla de bajo consumo en las manos. Vestía una camisa a rallas salida de un ropero antiguo y un pantalón gris de los que usan los hombres que ya tienen demasiada edad como para ir de tiendas y cuidar su imagen.
Al verlo uno pensaba en un abuelo, sin embargo, rozaba la treintena y su rostro era lozano y lleno de vida. En la recepción un apuesto joven y una chica le tomaron los datos, era un paciente nuevo en la consulta y se sonrieron. Ambos llevaban tanto tiempo trabajando juntos que una simple mirada les bastaba para saber que a ambos les había llamado la atención el detalle de la bombilla de bajo consumo.
A ella esas bombillas además le hacían pensar en algún tipo de enredo lumínico, y se imaginaba que dentro de los tubos doblados había habitantes luciferinos, siempre tuvo una imaginación que sobrepasaba lo natural.
Decían que era por que era miope, y los miopes por lo que se ve, lo que no saben o no pueden ver, se lo imaginan, pero claro la imaginación siempre juega malas pasadas, uno acaba imaginando cualquier cosa con tal de llenar el vacío de la ignorancia.
El paciente hacía días que notaba una molestia al mirar de lejos, como que ya no distinguia bien a las personas, solo veía siluetas.
Al cabo de un rato de espera que le pareció interminable, entró en la consulta y se lo contó a la doctora. Valió la pena la espera- pensó mientras miraba a la oftalmóloga, con ojos de niño en manos de una deliciosa mamá. Ella, elegante y auténticamente profesional, miraba con atención sus ojos, pero no veía su mirada. Al fin y al cabo era oftalmóloga, no psicóloga, ni cuidadora infantil.
Cuando después de su revisión anual, ella le comentó que preferiría verlo una segunda vez, para una revisión, él estaba encantado de que sus ojos tuvieran tal disfunción que les hiciera falta ser revisados, de hecho si le hubieran pedido que se los revisara al infinito, tampoco habría dicho que no.
Así salió de la consulta el miope más feliz del universo, acariciando su bombilla.

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La última mirada (Original Mois Benarroch)

Me mira con esa cara
Sentada al lado del que la besa
Diciéndome
Ya ves
Con quien estoy
Me ama, le digo que le amo
Pero sé muy bien que no es él
Al que buscaba
Pero tampoco eres tú
Aunque tienes la misma cara perdida
Tenemos eso en común
Pero tampoco eres tú el que busco
Tenemos caras de los que buscaron
Los que creyeron encontrar
Por haber buscado tanto
Tenemos cara de los
Que hemos perdido
En este rango.

Se levanta
Deja una propina
Me mira por última vez
Mujer desconocida
Desaparece de mi mundo
Mira mi cara desesperada
Mientras él
Le pone una mano en el culo
Y ella sonríe

No sé si a su mano
O a mí.

Le dernier regard (Versión française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Elle me regarde avec ce visage
Assise a côte de celui qui l’embrasse
En me disant
Tu vois
Avec qui je suis
Il m’aime, je lui dis que je l’aime
Mais je sais très bien que ce n’est pas lui
Qui je cherchais
Mais ce n’est pas toi non plus
Même si tu as la même tête perdue
Nous avons ça en commun
Mais tu n’es pas non plus celui que je cherche
Nous avons les têtes de ceux qui nous ont cherche
Ceux qui ont cru trouver
De trop avoir cherche
Nous avons le visage de ceux
Que nous avons perdu
Dans ce rang.

Il se lève
Il laisse un pourboire
Elle me regarde pour la dernière fois
Femme inconnue
Disparaît de mon monde
Regarde ma tête désespérée
Tandis que lui
Lui met la main dans les fesses
Et elle sourit.

Je ne sais pas si à cause de sa main
Ou de moi.

Un pasado futuro (Original Mois Benarroch)

Y esto que pasó
Hace ya cinco años
Gané un premio literario
Con un manuscrito
Corregido
Por tus ojos
Y te compré un anillo de oro
Con un rubí
¿Te gustan los rubíes?
Y cuando me diste las gracias
¿Cómo se puede dar tanto?
Sabíamos los dos que nunca te lo pondrías
Y que alguien lo heredará
Creyendo que es una simple
Piedra preciosa
Sin saber su historia
Sin saber
El color de nuestras memorias.

Un passé future(Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Ce qui c’est passé
Il y à déjà cinq ans
J’ai gagne un prix littéraire
Avec un manuscrit
Corrigé
Par tes yeux
Et je t’ai acheté une alliance en or
Avec un rubis
Est-ce que tu aimes les rubis?
Et quand tu m’as dit merci
Comment peut-on donner autant?
Nous savions tout les deux que jamais tu ne le mettrais
Et que quelqu’un va l’hériter
Croyant que ce n’est-ce que une simple
Pierre Précieuse
Sans savoir son histoire
Sans savoir
La couleur de nos mémoires

Te cantaré de ríos y de mares (Original Mois Benarroch)

Te cantaré de ríos y de mares
De olas que nunca ven truenos
Te contaré sobre barcos y sobre
Ballenas que comen miel de noche.

Te cantaré mi amor sobre amas
Que dejaron sus casas en busca de peces.
Te contaré sobre medusas que
Se convirtieron en sirenas.

Mírame, mis ojos son de cristal
Mis espaldas son mapas.

Mapas de tierras desconocidas
Mapas de colones futuros

Mírame soy la luna de luz propia
Soy el sol que no ciega.

Je te chanterai des fleuves et des mers(Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Je te chanterai des fleuves et des mers
De vagues que ne voient jamais des tonnerres
Je te raconterai sur les bateaux et sur des
Baleines qui mangent du miel la nuit.

Je te chanterai mon amour sur des maîtresses
Qu’ont laisse leurs maisons à la recherche de poissons.
Je te raconterai sur les méduses que
se sont converties en sirènes.

Regarde-moi, mes yeux sont en cristal
Mon dos des cartes.

Cartes de terres inconnues
Cartes de futurs colons

Regarde-moi je suis la lune avec sa propre lumière
Je suis le soleil qui n’aveugle pas.

No entiendo Original Mois Benarroch

No entiendo este mundo en el que no estamos juntos
Entiendo mejor las guerras, los genocidios, los terremotos
Nosotros, que somos unidad
Y que vivimos en la distancia de la materia
No entiendo el sentido de la nube sin lluvia.

No entiendo para qué sirven las palabras
Si no nos pueden unir
Si los mares que nos separan son
Más fuertes que ellas.

No entiendo la distancia en la unidad del corazón
Ni como baten los barcos cuando el naufragio es una mentira
Mientras nuestra distancia es la que crea
Las guerras y todos los desastres humanos.

No entiendo qué sentido tiene el mundo en la noche estrellada
Cuando estás lejos de mí y miras las mismas estrellas.
Ni para qué se molestó Dios en crearlo
Tan sin sentido, tan inhumano

Je ne comprends pas (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Je ne comprends pas ce monde dans lequel nous ne sommes pas ensemble
Je comprends mieux les guerres, les génocides, les tremblements.
Nous, que sommes unité
nous vivons dans la distance de la matière
Je ne comprends pas les sens du nuage sans pluie.

Je ne comprends pas à quoi servent les paroles
Si elles ne peuvent pas nous unir
Si les mers qui nous séparent sont
Plus fortes qu’elles.

Je ne comprends pas la distance dans l’unité du coeur
Ni comment battent les bateaux quand le naufrage est un mensonge
Tandis que notre distance est celle que crée
Les guerres et touts les désastres humains.

Je ne comprends pas quel sens a le monde dans la nuit étoilé
Quand tu es loin de moi et regardes les mêmes étoiles
Ni pour quoi Dieu c’est embêté à créer
Cette absurdité, si inhumaine

Te espero
en una estación de tren
desierta

Poemas de amor y delirio (Original Mois Benarroch)

******

Vivir ahora con la sabiduría
De que nunca serás mía
De que existes sólo lejos de mí
Y de que
No entiendo por qué no
Nos encontramos antes
Que si tu exilio y el mío
Se hubieran encontrado
Ya exilio no existiría.

Pero es también saber
Que siempre en noches de frío soledad desespero
Siempre estabas aquí cerca en este mismo planeta

Y que cuando te sentía tan cerca de mi destierro
Era por que lo estabas.

Je t’attends
dans une gare de train
déserte

Poèmes d’amour et délire (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

******

Vivre maintenant avec la sagesse
que jamais tu ne seras à moi
que tu existes seulement loin de moi
Et que
Je ne comprends pas pourquoi
Nous ne nous sommes pas rencontres avant
Et que si ton exile et le mien
Se seraient rencontres avant
L’exile n’existerait plus.

Mais c’est aussi savoir
Que toujours dans les nuit froides de solitude et désespoir
T’étais toujours ici proche dans cette même planète

Et que quand je te sentais si proche de mon ostracisme
C’était parce que tu l’étais.

LA SOLITUDE PARISIENNE

14 agosto 2011

Il pleut. Comment dire; Paris est vraiment gris quand il pleut et elle trenne ses pieds dans les rues. Il pleut. L’eau rentre dans ses petites sandales d’ete, c’est une pluie d’été, toute bête, naïve, croit-elle peut-être qu’elle sert à nettoyer la vile de son désarroi.
Et elle aime de se mouiller dans sa solitude. Paris, son métro est plein à craquer, et une femme dedans pleure assise dans le quai. Seule avec sa peine. A côte une jeune fille lit un livre absente dans sa lecture. Un jeune hoche la tête absent avec sa musique dans les oreilles.
La Tour Eiffel et Notre-Dame sont plus entourés qu’elle. Le reste des gens sont ou absents ou en vacances en Provence.
Paris au mois d’Août est vide, mais si en plus il pleut, il est vide, mouillé avec des gens absents ou des touristes obnubilés. La vile monumental aveuglante leur satisfait. Les détails des visages des habitants habituels leur passent par dessous de la tête.
Mais il est logique, personne ne ferait des kilomètres et des longs voyages pour voir une simple femme de ménage que ne sait que pleurer un jour de pluie d’été dans le Métro, et avec le seul but de prendre le RER pour aller vers la banlieue, retrouver des enfants à qui elle en peut pas offrir des vacances d’été, des enfants que n’ont pas encore jamais vu la mer.
Des heures et des heures à travailler, à se déplacer pour revenir à une maison triste dans un quartier triste, là ou les touristes n’iront jamais voir ce qu’il se passe.
Ils se promèneront au Louvre, ou au Musée d’Orsay, pourtant certains graffitis de la cité sont des ouvres d’art, que ne seront jamais reconnues. Certaines sont imprégnés de la haine des enfants des femmes pleureuses, que ne savent pas quoi faire pour rendre plus facile la vie à leurs mamans. Parfois, eux aussi ils pleurent dans leur chambre en cachette, c’est trop nul de pleurer en publique. Encore que leur mamans qui pleurent au Métro sont entourés des gens aveugles, à la fin, c’est la même chose.
Un jour comme n’importe lequel dans la quotidienneté de la grande ville des lumières.

LA SOLEDAD PARISINA (Traducción al español a petición de Ricardo Baldor-Poeta de Culiacán-México)

Llueve. Como decirlo: Paris es realmente gris cuando llueve y ella arrastra sus pies por las calles. El agua entra por sus pequeñas sandalias de verano, es una lluvia de verano, sonsa, crédula, a lo mejor se cree que servirá para quitar de la ciudad su desespero. A ella le gusta mojarse en su soledad. Paris, su metro está abarrotado, y una mujer dentro llora sentada en el andén. Sola con su tristeza. A su lado una mujer joven lee un libro ausente en su lectura. Un joven mueve su cabeza ausente con la música en los oídos.
La Torre Eiffel y Notre-Dame están más acompañados que ella. El resto de la población está ausente o de vacaciones en provincias. Paris en el mes de Agosto está vacío, pero si encima llueve, está vacío y mojado con gente ausente y turistas obnubilados. La ciudad monumental cegadora les satisface. Los detalles de los rostros de la gente les pasan desapercibidos. Pero es lógico nadie, haría miles de kilómetros y largos viajes solo para ver a una simple mujer de la limpieza que solo sabe llorar un dia lluvioso de verano en el metro, y cuyo único objetivo es cojer el tren de cercanías,para ir a los suburbios, encontrarse con sus hijos, a quienes ella no puede ofrecer vacaciones de verano, niños que todavía no han visto nunca el mar.
Horas y horas de trabajo, desplazarse para volver a una casa triste en un barrio triste, allá dónde los turistas nunca irán a ver que pasa.
Se paserarán por el Louvre o por el Museo d’Orsay, y sin embargo algunos graffitis del gueto son obras de arte que nadie reconocerá. Algunas están impregnadas del odio de los hijos de mujeres lloronas, que no saben que hacer para facilitarle la vida a sus madres. En ocasiones, ellos tambien lloran a escondidas en su habitación, es estúpido llorar en público. Aunque sus madres que lloran en el metro están rodeadas de gente ciega, al final, es lo mismo.
Un día como cualquier otro en la cotidianidad de la gran ciudad de la luz.

Buscando aire (Original Mois Benarroch)

Noches de asma
en frente del monte
buscando aire
y tú mamá noches sin dormir
días sin escuela
buscando aire
ahogado
buscando aire
como hoy
como siempre
en un mundo ahogado
y tu mamá
ahogándome más todavía
tratando de traerme aire
de la montaña de enfrente
de los árboles, del otoño
del verano, del mar, del médico
de las tumbas, de los dioses,
de cualquier lado

Y hoy estás en el hospital
asmática
buscando aire
oxígeno
y sintiéndote sola.

Necesidad

Por favor
Dime que tengo razón
por favor dime
que no estoy soñando
que los montes que veo
no son fantasmas
que las memorias
no son invenciones
dime que todo este viaje
sin fin
tiene algún sentido.
Por favor
aunque sea mentira
dime que mi casa natal
todavía está en la misma calle
dime que nadie la ha tumbado
por favor convénceme
que no soy un elefante
y que toda mi memoria tiene sentido.
Por favor
tengo que escuchar estas palabras
muchas
muchas veces.

Cherchant de l’aire (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

Nuits d’asthme
en face de la montagne
cherchant de l’aire
et toi maman, nuits sans dormir
jours sans école
cherchant de l’aire
étouffe
cherchant de l’aire
comme aujourd’hui
comme toujours
dans un monde étouffé
et toi maman
m’étouffant d’avantage
essayant de m’amener de l’aire
de la montagne d’en face
des arbres, de l’automne
de l’été, de la mer, du docteur
des tombeaux, des dieux,
de n’importe ou.

Et aujourd’hui tu es à l’hôpital
asthmatique
cherchant de l’aire
oxygène
et te sentant toute seule.

Besoin

S’il te plaît
Dis-moi que j’ai raison
S’il te plaît dis-moi
que je ne rêve pas
que ces montagnes que je vois
ne sont pas des fantômes
que les mémoires
ne sont pas des inventions
dis-moi que tout ce voyage
sans fin
a du sens.
S’il te plaît
même si c’est faux
dis-moi que la maison de ma naissance
est encore dans la même rue
dis-moi que personne ne l’a fait tomber
s’il te plaît convaincs-moi
que je ne suis pas un éléphant
et que toute ma mémoire a du sens.
S’il te plaît
Il faut que j’écoute ces paroles
encore
et encore.

Esquinas (Original Mois Benarroch)

Me gustan las esquinas
porque es donde las calles
se besan
y donde los amantes
a veces
después de meses
vuelven a abrazarse

y porque allí te vi ayer con tu bufanda roja
buscando una mirada que nunca encontrarás
una cabina telefónica para poder llamar
al que cuando viene no está
y cuando no viene es el despertar.

Jerusalén Nevada

Qué bella es Jerusalén cuando nieva parece una novia contenta
todo es tranquilidad las discusiones desaparecen de los rostros
todas las guerras se olvidan en esta ciudad cargada de historia
de memorias intolerancias y templos que recuerdan todo el futuro.

Des coins (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

J’aime les coins
parce que c’est là ou les rues
s’embrassent
et ou les amoureux
parfois
après des mois
se serrent dans les bras.

Et parce que là-bas je t’ai vue hier avec ton écharpe rouge
cherchant un regard que jamais tu ne trouveras
une cabine téléphonique pour pouvoir appeler
à celui que quand il vient, il n’est pas
et quand il reviens, c’est le réveil.

Jérusalem Enneigé
Qu’elle est belle Jérusalem quand il neige on dirait une fiancée heureuse
tout est tranquillité les discussions disparaissent des visages
toutes les guerres s’oublient dans cette ville chargé d’histoire
de mémoires intolérances et temples qui rappellent tout l’avenir.

Desaparecimientos (Original Mois Benarroch)

Era cuando te hablaba y te explicaba
cosas muy importantes
que de pronto desaparecías
y yo
seguía hablándote
explicándote
durante calles
hasta que me daba cuenta
que estaba hablando solo
explicándome a mí mismo
cosas inexplicables
y me decía
qué estará la gente pensando
de mí
un joven que ya se habla solo
en la calle

Desaparecías a menudo
siempre estaban todos buscándote
hasta que un día dejaste el país
ya allí te escapas de todos
pero nadie te conoce
nadie te busca
para intentar
seguir desde la última frase
para que puedas entender
la primera.

Eras Pasado

Las horas pasan son flores fuera de su tierra
tienes la lengua obligada de los jesuitas judíos
yo te veo camino al norte
camino a donde te parió tu madre

Eres esperanza y eras pasado, hoy
sólo sabes que vas, no sabes por qué
tu memoria es un espantapájaros
tus oídos son ojos encarcelados

Te da vergüenza que vean tus zapatos
el barro bajo la suela está lleno de espinas
hojas deshechas de una Biblia quemada

Lo que queda de tus viajes no es mucho
unas pocas memorias, cerillas de Estambul
una jarra de Castilla, una boina de Madeira.

Disparitions (Version française Sonia Soriano et Rosa Ramos)

C’était quand je te parlais et je t’expliquais
des choses importantes
quand tout d’un coup
tu disparaissais
et moi
je continuais à te parler
à t’expliquer
des rues durant
jusqu’à ce que je me rendais compte
que je parlais tout seul
et je m’expliquait à moi même
des choses sans explication
et je me demandais
ce que les gens pouvaient bien penser
de moi
un jeune qui parle tout seul
dans la rue.

Tu disparaissais souvent
On te cherchait toujours par tout
Jusqu’à ce que un jour t’as quitté le pays
là-bas tu t’enfouis de tous
mais personne ne te connaît
personne te cherche
pour essayer
de suivre la dernière phrase
pour que tu puisses comprendre
la première.

Tu étais passé

Les heures passent, ce sont des fleurs
en dehors de leur terre
tu as la langue oublié des jésuites juifs
je te vois marchant vers le nord
le chemin vers ou ta mère t’accouchait.

Tu es espoir et t’étais passé, aujourd’hui
Tu sais seulement que tu y vas, tu ne sais pas pourquoi
ta mémoire est un épouvantail
tes oreilles ce sont des yeux emprisonnés.

Tu as honte que l’on voit tes chaussures
le boue sous ta semelle est pleine d’épines
feuilles défaites d’une Bible brûlé

Ce qui reste de tes voyages ce n’est pas grand-chose
quelque souvenirs, des allumettes d’Istanbul
une carafe de Castille, un béret de Madeira.