Patria (Original Mois Benarroch)

Pedí a Marruecos que fuese mi patria
y no fue mi patria

pedí a España que fuese mi patria
y ya no estaba

pedí a Israel que fuese mi patria
y aún no es mi patria

pedí al exilio que fuese mi patria.

quise que la lengua Hebrea fuese mi patria
pero no me devolvió amor calor

quise que el Español fuese mi patria
y no se dio

pedí a los pájaros indicaciones
y me hablaron de las nubes
hablé con mis bisabuelos de Marruecos
y me hablaron de España
les hablé de España y
me hablaron de Jerusalén
les hablé de Jerusalén
y me hablaron del templo
les hablé del templo
y me hablaron de Lucena
hablé de Lucena
y me hablaron de Granada

los senté a todos juntos en una sola mesa
y les pregunté dónde está mi patria
se hizo un silencio enorme
y con ese silencio ando por todas las calles
buscando otro silencio.

Patrie (Version française Rosa Ramos)

J’ai demandé au Maroc qu’il soit ma patrie
et il ne l’a pas été

j’ai demandé à l’Espagne qu’elle soit ma patrie
et je n’y étais déjà plus

j’ai demandé à Israël qu’il soit ma patrie
et ce n’est pas encore ma patrie

j’ai demandé à l’exile d’être ma patrie.

j’ai voulu que le langage Hébreu soit ma patrie
mais il ne m’a pas rendu amour chaleur

j’ai voulu que l’Espagnol soit ma patrie
mais ça n’a pas été

j’ai demandé aux oiseaux des indications
et m’ont parlé des nuages
j’ai parlé con mes arrière grand-parents du Maroc
et ils m’ont parlé d’Espagne
je leur ai parlé d’Espagne et
ils m’ont parlé de Jérusalem
je leur ai parlé de Jérusalem
et ils m’ont parlé du temple
je leur ai parlé du temple
et ils m’ont parlé de Lucena
j’ai parlé de Lucena
et il m’ont parlé de Grenade

je les ai fait asseoir touts ensemble au tour d’une même table
et je leur ai demandé ou était ma patrie
un silence énorme c’est fait
et avec ce silence je me promène dans les rues
à la recherche d’un autre silence.

2.
¿Hemos llegado ya, mamá?
Hace años hijo.
Porque, mamá, no veo que hayamos llegado
estos no son judíos como yo.
Este es tu pueblo hijo, este tu país.
Pero, mamá, no veo los árboles de mi niñez
y todo lo que la gente me dice me parece extraño.
Esto es lo que hay.
Pero me prometiste que íbamos a nuestro país
y este no es mi país este no es mi pueblo
estos no son mis judíos.
Si quieres, vete.
¿A dónde, mamá?
En mi ciudad natal no existen ni mi doble ni mi sombra
mis hijos han nacido aquí
y hasta ellos me son extraños
mi mujer es de otro país
no conoce nuestras costumbres
mis lenguas son todas diferentes de las lenguas humanas
no tengo a dónde volver me quede sin país y sin pueblo
y este viaje no se acaba no hay forma de que se acabe,
estoy para siempre en esas cuatro de la mañana
el ultimo olor del café con leche en la cafetera
saliendo hacia Ceuta y viendo Algeciras desde el mar
me he quedado para siempre en ese viaje nocturno
que nunca ve el día y por más que lo intento
soy un extranjero aquí en esta patria
que tanto echaste de menos y
ahora me dices, mamá,
que me vaya a España
con mi tribu agrandada
que me vaya a otro exilio
otra patria que se convirtió en exilio
como Israel como Jerusalén
como Tetuán como Lucena
todas nuestras patrias se vuelven exilio.

2. (Version française Rosa Ramos)

Sommes nous arrivés, maman?
Depuis des années mon fils.
Pour quoi, maman, je ne vois pas que nous soyons arrivés
ceux-là ne sont pas juifs comme moi.
Celui-ci est ton peuple mon fils, celui-là ton pays.
Mais, maman, je ne vois pas les arbres de mon enfance
et tout ce que les gent font me paraît étrange.
Voilà ce que il y a.
Mais tu m’as promis que nous allions vers notre pays
et celui-là n’est pas mon pays et celui-là n’est pas mon peuple
ceux-là ne sont pas mes juifs.
Si tu veux, va t’en.
Mais ou, maman?
Dans la ville de ma naissance n’existe ni mon double ni mon ombre
mes enfants sont nés ici
et même eux sont étrangers pour moi
ma femme est d’un autre pays
elle ne connait pas nos habitudes
mes langues sont toutes differents des langues humaines
je n’ai pas d’endroit ou revenir je n’ai plus de pays et sans peuple
et ce voyage je n’ai pas manière de l’achever,
je suis pour toujours à quatre heures du matin
la dernière odeur de cafe avec du lait dans la cafetière
en sortant vers Ceuta et voyant Algésiras depuis la mer
je suis resté pour toujours dans ce voyage nocturne
que ne voit jamais le jour et même si j’essaie
je suis un étranger ici dans cette patrie
que tant t’a manqué et
maintenant tu me dis, maman,
que je m’en aille en Espagne
avec ma tribu agrandit
que je m’en aille à un autre exile
un autre patrie que c’est converti en exile
comme Israël comme Jerusalem
comme Tétouan comme Lucena
toutes nos patries deviennent exile.

MAMÁ (Original Mois Benarroch)

1.
¿A dónde vamos mamá?
Vamos a nuestra patria,
a nuestro país.
¿Y dónde esta nuestro país?
No puedo decirte su nombre.
Está prohibido.
¿Y está muy lejos ese país?
Está al otro lado del mar, hijo.
¿El viaje es largo?
Dos mil años de largo
tres semanas de carretera
cinco horas de avión.
¿Y los niños en ese país cómo son?
Todos judíos, como tú.
Y ¿cómo soy yo?

MAMAN (Version française Rosa Ramos)

1.
Ou allons-nous maman?
Nous allons vers notre patrie,
vers notre pays.
Et c’est ou notre pays?
Je ne peux pas te dire son nom.
C’est interdit.
Et c’est très loin ce pays?
C’est de l’autre cote de la mer, mon fils.
C’est un long voyage?
Deux-mille ans de long
trois semaines de route
cinq heures d’avion.
Et les enfants dans ce pays comment est-ce qu’ils sont?
Tous juifs, comme toi.
Et comment suis-je?

Cuando vengan por los Judíos piensa
que pronto vendrán por ti o por tu hijo
(Original Mois Benarroch)

En el siglo dieciséis
se dio el caso
de una tal María Delacruz
que fue investigada y castigada
por la inquisición.
La única acusación
que tenían contra ella fue
que nunca comía cerdo.
No la ayudó explicar
que tenía una digestión sensible
y que era una buena cristiana.
Tuvo que sufrir como
buena cristiana
las torturas
de los judíos que odiaba.

Quand ils viendront prendre les juifs pense
que bientôt viendront aussi te prendre toi ou prendre ton fils
(Version française Rosa Ramos)

Au sixième siècle
il s’est trouvé que
une nommée María Delacruz
a été enquêté et punie
par l’inquisition.
Le seul chef d’accusation
que ils avaient contre elle fut
qu’elle ne mangeait jamais du cochon.
De rien ne l’a aidé expliquer
qu’elle souffrait d’une digestion sensible
y qu’elle était une bonne chrétienne.
Elle a du souffrir comme
bonne chrétienne
les tourments
des juifs que tant haïssait.

Y (Original Mois Benarroch)

Fue entonces cuando me llamó
por cuarta vez
la lengua española
y esta vez dije sí a su llamada
para eso tuvieron que pasar años
y un viaje a Tetuán
los recuerdos de la cuna y mi madre
cantándome canciones de guerra
de hace quinientos años
las mismas, exactamente las mismas
que cantaban
los soldaditos de las guerras
de Granada o de Sevilla
y fue entonces que desde los pozos de los siglos
la lengua española me consoló
en mi cuna lingüística
después de años de lenguas
extranjeras.

Y- (Version française Rosa Ramos)

Fut alors quand j’ai été appellé
pour la quatrième fois
par la langue espagnole
et cette fois-ci j’ai dit oui à son appel
pour cela des années sont passées
et un voyage à Tétouan
les souvenirs du berceau et maman
me chantant chansons de guerre
vielles de cinq-cents ans
les mêmes, exactement les mêmes
que chantaient
les petits soldats des guerres
de Grenade ou de Séville
et fut alors que depuis les puits des siècles
j’ai été consolé par la langue espagnole
dans mon berceau linguistique
après ces années de langues étrangères.

PRIMERA PARTE (Original Mois Benarroch)

DE VOLVER

X

Soy un poeta marroquí
exiliado
primero viví en mi exilio de España en Marruecos
después me exiliaron mis padres
desde Marruecos
a Israel
tierra de exiliados
hijos nietos y bisnietos de exiliados
y aquí llegue
al exilio máximo
el exilio de mí mismo
exiliado de mi tierra
de mi familia
de mi patria
de mi exilio.

PREMIÈRE PARTIE (Version française Rosa Ramos)

SUR LE RETOUR

X

Je suis un poète marocain
exilé
d’abord j’ai vécu mon exile d’Espagne au Maroc
après mes parents m’ont exilé
depuis le Maroc
en Israël
terre d’exilés
fils, petit-fils et arrière petit-fils d’exilés
et j’en suis là
à l’exile suprême
à l’exile de moi même
exilé de ma terre
de ma famille
de ma patrie
de mon exile.

33- (Original Mois Benarroch)

Por teléfono dijiste
Oye
Cuando íbamos a colgar y no colgábamos, no colgábamos
Y dije
Qué
Nada
Dijiste
Nada
Uno de esos nadas
Que dicen todo
Ahora llevo tu nada por todos lados
Nada
Nado
Con tu nada
Nada
Maravilloso nada
Dame tu mano
Dame tu masí.

33- (Version française Rosa Ramos)

Au télèphone t’as dit
écoute
quand nous allions racrocher et nous ne racrochions pas,
non ne racrochions pas
Et j’ai dit
Quoi?
Rien
As-tu dit
Rien
Un de ses riens
Que disen tant de choses
Maintenant j’amène ton rien partout
Rien
Je nage
dans ton rien
Rien,
Rien merveilleux
Donnes-moi ta main-no
Donnes-moi ta main-oui.

32- (Original Mois Benarroch)

Estás en París
Y yo soy el suelo sobre el que andas
Estoy en París
Soy París
No soy más que París
Cuando estás en París
Y andamos los mismos paseos de primera
En tiempos separados
Juntos
Hacia los libros
Que no nos cambiarán
Y los que sí
Soy amor en París
Vengo a salvarte de Troya en París.

32- (Version française Rosa Ramos)

Tu es à París
Et je suis le sol sur lequel tu marches
Je suis à Paris
Je suis Paris
Je ne suis que Paris
quand tu es à Paris
Et nous faisons les mêmes promenades de première
En tiemps separés
Ensemble
vers les livres
Que ne vont pas nous changer
et ceux qui nous changent
Je suis amour à Paris
Je viens te sauver de Troie à París.

31- (Original Mois Benarroch)

Tuyyo yoytu entimi mienti
Entimismado
Vientos ajenos
Caperucita se escapó del bosque
Entimismada
Te busco en mis pasos
En mis huellas
Y estás
Siempre estás
Mirándome y diciéndome
Bueno
¿Y qué otro esperabas?

32- (Version française Rosa Ramos)

Toietmoi moiettoi entoimoi moientoi
Entoimêmeplongé
des vents d’autrui
Chaperon rouge c’est échappe des bois
Entoimêmeplongé
Je te cherche dans mes pas
dans mes empreintes
et tu y es
tu me regardes toujours
Tu me regardes et tu me dis
Alors
T’attendais qui d’autre?

30- (Original Mois Benarroch)

Este ordenador se empeña
En darme la hora de tu ciudad
Por más que la cambio
Sabe muy bien que vivo en tu hora
Y en tu ahora
Me falta una hora menos o más
Para saber donde estás
O dónde estoy
Que es dentro de este ordenador
En el que estás
Y no estás.

30- (Version française Rosa Ramos)

Cet ordinateur s’entête
à me donner l’heure de ta ville
même si je la change
Il sait très bien que je vis à ton heure
à ton maintenant
Il me manque une heure de moins ou de plus
Pour savoir ou est-tu
Ou suis-je
c’est dans cet ordinateur
dans lequel tu y es
et tu n’y es pas.