LA PLAYA DE UNO (Original Mois Benarroch)

Mi abuelo decía que como la cama de uno
no hay
y yo digo que como la playa de uno
no hay

esa playa de cabila en día de poniente
el aire del monte
esa agua fría y límpida
he estado en todas las playas del
Mediterráneo
en Turquía y en Grecia
en Francia en Israel en Italia
pero como la playa de uno no hay.

LA PLAGE À SOI (Version française Rosa Ramos)

Mon grand-père disait que comme son lit
il n’y a rien
et moi je dis qu’il n’y a rien comme la plage à soi.

dans cette plage de kabylie en jour de ponent
l’air de la montagne
cette eaux froide et limpide
j’ai été dans toutes ces plages de la
Méditerranée
en Turquie et en Grèce
en France en Israel en Italie
mais il n’y a pas de plage
comme celle qui est à soi.

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MÁS SABIO (Original Mois Benarroch)

Ahora mis palabras son más sabias
en ellas se ve mi conocimiento
pero daría cualquier cosa
por aquellos años de rabia
de furor verdadero contra el mundo
cuando yo era inocente
cuando pensaba que todo era posible
que las palabras podrían cambiar a la gente
que las palabras podrían
cambiar los pensamientos
pero ahora soy más sabio
soy más sabio
mientras el mundo se oscurece
ante mis ojos
sin poder hacer nada
sin querer hacer nada
ni pensar en suicidarme
contra ellos ni contra mí.

Sólo veo mi sombra en el agua
mirándome fumar un cigarrillo
mirándome con ojos soñolientos
sin ilusión por mí tal como yo
sin ilusión por ella.

PLUS SAGE (Version française Rosa Ramos)

Maintenant mes paroles son plus sages
en elles on y voit ma connaissance
mais je donnerait n’importe quoi
pour ces années de rage
de vrai fureur contre le monde
quand j’étais innocent
quand je pensais que tout était possible
que les paroles pouvaient changer les gens
que les paroles pourraient
changer les pensées
mais maintenant je suis plus sage
je suis plus sage
tandis que le monde s’obscurcit
devant mes yeux
sans rien pouvoir y faire
sans vouloir rien y faire
ni penser à me suicider
ni contre eux ni contre moi.

Je vois seulement mon ombre dans l’eau
qui me regarde fumer une cigarette
me regardant avec des yeux somnolents
sans illusion vers moi comme moi
sans illusion pour elle.

El hombre que nunca vio la lluvia (Original Mois Benarroch)

Cuando la vio
en el verano más cálido del siglo
creyó que los cielos lloraban
y se puso a llorar con ellos
sintiendo compasión por un Dios
cuya creación iba a ser destruida

sus lágrimas se derritieron entre la lluvia
hasta alcanzar la tierra y el océano
y no fueron en vano sus lágrimas

una joven vino hasta él
lo besó en la mejilla
lo tomó de la mano
lo condujo a su hogar,
le ofreció una sopa de verduras
y lo consoló de su vida
sin lágrimas.

L’homme que n’a jamais vu la pluie
(Version française Rosa Ramos)

Quand il l’a vu
était l’été le plus chaud du siècle
il a cru que les cieux pleuraient
et il se mis a pleurer avec eux
sentant de la pitié pour un Dieu
dont la création allait être détruite

ses larmes se sont fondu dans la pluie
jusqu’à atteindre la terre et l’océan
et n’ont pas été vaines ses larmes

une jeune vint jusqu’à lui
l’embrassa sur la joue
lui prit la main
et il l’amena à son foyer,
lui offrit une soupe aux légumes
et le consola de sa vie
sans larmes.

Arena (Original Mois Benarroch)

Tardé veinte años en aprender a llorar en hebreo
entonces mis palabras se adulzaron
como una piedra cuyo su secreto ha sido revelado por la lluvia
que era de arena.

Árbol

Esta mesa en la que escribo
fue árbol
plantado por un ser humano
en una tierra seca
en la que yacía un muerto
que escribió un poema
en una mesa de madera

¿ese hombre
es el un árbol?

SABLE (Version française Rosa Ramos)

Ça m’a pris vingt ans apprendre à pleurer en hébreu
après quoi mes paroles ce sont adouci
comme une pierre dont son secret est révélé par la pluie
qu’était de sable.

ARBRE

Cette table ou j’écris
fut un arbre
planté par un être humain
sur une terre sèche
dans laquelle gisait un mort
qui a écrit un poème
sur une table en bois.

Cet homme
était-il l’arbre?