María (Original Mois Benarroch)

Encontré a María en París
ella era de Venezuela
y me preguntó algo sobre el antisemitismo
le explique lo que era ser Judío en Europa
o ser Judío en una escuela Francesa
cuando Vichy
y me miraba como si estuviese hablando Chino.

Después vino a Jerusalén
y frente al muro de las lamentaciones
le conté la historia de los Judíos
desde Abraham hasta los Griegos, los Romanos
Los Arabes,
y ella siguió mirándome
como a un extraterrestre.

Ella no discutía ni trataba de comprender
el antisemitismo
simplemente todo la parecía una locura
venía de un país en dónde no existe tal palabra.

Deseo encontrar más personas como ella
mirándote como si fueses un loco
cuando tratas de explicar el odio.

María (Version française Rosa Ramos)

J’ai rencontré María à Paris
elle était du Venezuela
et elle m’a demandé quelque chose à-propos de l’antisémitisme
je lui ai expliqué ce qu’était être juif en Europe
ou être juif dans une école française
à l’époque de Vichy
et elle m’a regardé comme si je lui parlais en Chinois.

Après elle est venu à Jérusalem
et devant le mur des lamentations
je lui ai raconté l’histoire des juifs
depuis Abraham jusqu’à les grecs, les Romains
Les Arabes,
et elle à continué a me regarder
comme à un extraterrestre.

Elle ne se disputait ni essayait de comprendre non plus
l’antisémitisme
simplement tout lui semblait une folie
elle venait d’un pays ou il n’existe pas cette parole.

Je désire rencontrer encore plus de gens comme elle
qui te regardent comme si t’étais fous
quand t’essaies d’expliquer la haine.

Mitad (Original Mois Benarroch)

En medio del bullicio
en medio del comercio
en medio de la vida
sentada allí
la poeta zurda
en medio de sus veinte años
escribiendo poemas inmaduros
rimados con la misma palabra
en medio de la loca carreta en medio
del día todos a fuera a beber
café en medio del trabajo y en toda esta locura
ella sentada con sus pelos
largos y negros
muy concentrada en su cuaderno
iluminando la locura
mostrando a todos que es inútil
esta carrera y que están
en medio de la nada.

Moitié (Version française Rosa Ramos)

Au milieu du vacarme
au milieu du commerce
au milieu de la vie
assise là
la poète gauchère
au milieu de ses vingt ans
écrivant des poèmes immatures
rimés avec la même parole
au milieu de la folle charrette du milieu
du jour tous dehors à boire
café au milieu du travail et dans toute cette folie
elle assise avec ses cheveux
longs et noirs
très concentré dans son cahier
illuminant la folie
montrant à tous que c’est inutile
cette course et qu’ils sont
au milieu du néant.

DEMASIADA MEMORIA (Original Mois Benarroch)

De alguna forma mi pasado incluye
a Lucena y Granada
para mi madre todo esto es superfluo
sí, eso es el pasado
sí, España… sí, porque hablamos español
sí… etcétera
hasta Tetuán es para ella pasado
vive en el presente
y yo me paseo por la historia
y mi memoria es de mil años
mis sueños son de mil años
mi pasado tiene mil años
y mi presente tiene mil años
y no puedo con menos de eso
ni un año menos
no me creo más joven
y me imagino muy bien agricultor en Lucena
tesorero en Granada
me imagino muy bien
en las matanzas de los cristianos
convirtiéndome a la fe cristiana
siendo marrano
tomando el camino de Portugal
en el barco hacia Tánger
escapándome para Tetuán
sufriendo la pobreza marroquí
y el ultimo pogromo árabe en 1790
me imagino viajando a Brasil a Venezuela
a finales del siglo diecinueve
volviendo para casarme con una Tetuaní
o viajando a Orán
y siendo el español de los judíos Oraneses

o no convirtiéndome al cristianismo
y emigrando a Fez en el siglo catorce
y después del pogromo de 1600
llegando a Tetuán
y viniendo a Jerusalén
sionista convencido
o yéndome a España
Español convencido
comiendo tapas
y bebiendo rioja

tengo demasiada memoria
preferiría menos memoria
como mi madre.

TROP MÉMOIRE (Version française Rosa Ramos)

En quelque sorte mon passé inclut
Lucena et Grenade
pour ma mère tout cela est superflu
oui, c’est du passé
oui, Espagne… oui, parce que nous parlons l’espagnol
oui… et caetera
jusqu’à Tétouan est pour elle le passé
elle vit le présent
et moi je me promène dans l’histoire
et ma mémoire elle est millénaire
mes rêves son millénaires
mon passé est millénaire
et mon présent à mille ans
et je ne peux pas vivre avec moins
même un an de moins
je ne crois pas que je sois plus jeune
et je m’imagine très bien agriculteur à Lucena
trésorier à Grenade
je m’imagine très bien
dans les tueries des chrétiens
me convertissant à la foi chrétienne
étant un marrane
prenant le chemin du Portugal
dans le bateau vers Tanger
m’enfuyant vers Tétouan
subissant la pauvreté marocaine
et le dernier pogrom árabe en 1790
je m’imagine voyageant au Brasil à Venezuela
à la fin du dix-neuvième siècle
revenant pour me marier à une fille de Tétouan
ou voyageant à Oran
et étant espagnol au milieu des juifs d’Oran

ou ne pas m’ayant converti au christianisme
et émigrant vers Fès au quatorzième siècle
et après le pogrom de 1600
arrivant à Tétouan
et arrivant à Jérusalem
comme un sioniste convaincu
ou partant vers l’Espagne
Espagnol convaincu
mangeant des tapas
et buvant du rioja

j’ai trop de mémoire
j’aurais préfère moins mémoire
comme ma mère.

HUELLAS SIN SALIDA (Original Mois Benarroch)

Tantas casas dejadas
tantas tazas de café no bebidas
tantos pasos borrados
tantos caminos tomados
tantas huellas sin salida
tantas huellas borradas
tantos muertos en los caminos
enterrados bajo las huellas
enterrados en el cielo
tantas tierras olvidadas
tantas tierras recordadas
tantas esperanzas
envueltas en sábanas blancas
tiradas hacia el cielo
esperando que Dios las devuelva
esperando que llueva
que amanezca el sol
que crezca el nuevo árbol
que olvide al anterior.

DES TRACES SANS SORTIE (Version française Rosa Ramos)

Tant de maisons délaisses
tant de tasses de café non bues
tant des pas effacés
tant des chemins pris
tant de traces sans sortie
tant de traces effacées
tant de morts sur les chemins
enterrés sous les traces
enterrés au ciel
tant de terres oubliées
tant de terres souvenues
tant d’espoirs
enveloppes dans des draps blancs
jetés vers le ciel
à l’attente que Dieu les rende
à l’attente qu’il pleuve
que à l’aube le soleil se lève
que un nouvel arbre grandisse
et qu’il oublie l’ancien.

ABRE ESA PUERTA (Original Mois Benarroch)

Ábreme la puerta por favor
aquí esta nevando
ábreme esta puerta
te pido perdón
por haberme escapado
sin razón ninguna
salvo mis fantasmas
te pido perdón aunque
no me siento culpable
por favor ábreme la puerta
mis piernas se están congelando
vengo desde la montaña en Salamanca
hasta ti Toledo
he visto tantos cerdos
tantos abrigos de piel
tantos cerdos comidos
como prueba de ser buen cristiano
ábreme la puerta
madre, puta y mujer
España, España
patria
y espina de los caminos.

OUVRES CETTE PORTE (Version française Rosa Ramos)

Ouvres-moi la porte s’il te plaît
ici il neige
ouvres-moi cette porte
je te demande pardon
de m’avoir enfuit
sans raison apparente
sauf mes fantasmes
je te demande pardon même
si je ne me sens pas coupable
s’il te plaît ouvres-moi la porte
mes jambes sont en train de se congeler
je reviens depuis la montagne de Salamanque
jusqu’à toi Tolède
j’ai vu tant de cochons
tant de manteaux de fourrure
tant de cochons manges
comme preuve d’être un bon chrétien
ouvres-moi la porte
mère, pute et femme
Espagne, Espagne
patrie
et épine des chemins.

BÚSQUEDA (Original Mois Benarroch)

Me buscaron
hombres del pasado
me buscaron como si fuese un ladrón
me buscaron por los bosques
me buscaron por las esquinas
y no me encontraron.

Después
fui yo quien los buscó
y se volvieron transparentes
sólo se veían sus sombras
no tenían forma humana

a veces se les caía una lágrima
de sabor dulce
y esas lágrimas
tampoco tenían sombra.

RECHERCHE (Version française Rosa Ramos)

Ils m’ont recherche
des hommes du passé
ils m’ont recherche comme si j’étais un voleur
ils m’ont recherche dans les bois
ils m’ont recherche dans les coins
et ils ne m’ont pas trouvé.

Après
c’est moi qui les ai cherché
et ils sont devenus transparents
on voyait seulement ses ombres
ils n’avaient pas de forme humaine

parfois une larme leur tombait
avec un goût doux
et ces larmes
elles n’avaient d’ombre non plus.

PSICOANÁLISIS (Original Mois Benarroch)

Mis problemas existenciales
tienen su raíz en 1272
en Granada
Ningún psicoanálisis
los puede resolver.
Volver volver
no como el tiempo
siempre corriendo hacia adelante
buscando no sé qué
tropezando estancándose
cayéndose y levantándose
diez mil veces por segundo
sin que nadie sepa para qué.

PSYCHANALYSE (Version française Rosa Ramos)

Mes problèmes existentiels
on leur racine en 1272
a Grenade
Aucune psychanalyse
peut les résoudre.
Revenir revenir
non pas comme le temps
toujours marchant de l’avant
à la recherche d’un je-ne-sais-quoi
trébuchant stagnant
tombant et se relevant
dix mille fois par seconde
sans que personne sache pour quoi.

ESQUINA EN TETUÁN (Original Mois Benarroch)

En una esquina
un hombre con su dchilabia
las manos abiertas hacia el cielo
aceptando el sol
los ojos cerrados
no se sabía si pedía limosnas o no
si estaba rezando o no rezaba
las manos abiertas durante horas
y todo el mundo en sus manos.

COIN À TÉTOUAN (Version française Rosa Ramos)

Dans un coin
un homme avec sa djellaba
les mains ouvertes vers le ciel
acceptant le soleil
les yeux fermés
on ne savait pas si mendiait ou non
s’il priait o il ne priait pas
les mains ouvertes pendant des heures
et tout l’univers dans ses mains.

SI ME VES POR LA CALLE (Original Mois Benarroch)

Si nos encontramos por la calle
y no te digo Shalom
no creas que no deseo tu compañía
o que pretendo herirte.
Si me ves por la calle
y estoy pensando otro poema
otras palabras
que puedan, por fin,
describir la línea celestial
que conecta mis pasos
a la ciudad donde nací
un inmenso arco iris.
Si nos encontramos por la calle
y no te digo Shalom
no se trata de una declaración de guerra
sino de una mirada hacia el futuro.

Shalom quiere decir en Hebreo: Hola, Adiós, y Paz.

SI TU ME VOIS DANS LA RUE (Version française Rosa Ramos)

Si nous nous rencontrons dans la rue
et je ne te dis pas Shalom
ne crois pas que je ne veux pas ta compagnie
ou que je veux te blesser.
Si tu me vois dans la rue
et je suis en train de penser à un autre poème
d’autres paroles
que puissent, en fin,
décrire la ligne celeste
que connecte mes pas
à la vile ou je suis né
un immense arc-en-ciel.
Si nos nous rencontrons dans la rue
et je ne te dis pas Shalom
no s’agit pas d’une déclaration de guerre
mais d’un regard vers l’avenir.

Shalom veut dire: Bonjour, Au Revoir et Paix.

DE VOLVER (Original Mois Benarroch)

He vuelto a reclamar mi lengua
He vuelto a reclamar mis sinagogas
mis rabinos y mis poetas
he vuelto a reclamar mi hebreo
y mi español
he vuelto a reclamar mis montes
y mis montañas mis ciudades
y mis mares
he vuelto
a reclamar mi historia
y mi salud
mis uñas y mis libros
he vuelto desde el fondo de la historia
a contarte mi historia
he vuelto después de 600 años
He vuelto
he vuelto para que me mires y me tires
he vuelto para recoger el oro
y toda la plata
he vuelto para verte y para irme
por fin irme por mis propias manos
He vuelto
a verte renacer
después de haber sido huesos sin carne
después de que te despertaste un día
sin piel
mientras yo te recordaba
mientras tus poetas
cantaban poemas
sobre mi tumba
y los sótanos de tus inquisiciones
me buscaban hasta Méjico, hasta Santiago
de Chile, hasta la jungla
y tu te reflejabas en el oro
y te veías rica y hermosa
cien años de ilusiones de grandeza
creyendo que era genial
haber echado a tus judíos y a tus moros
España unida y única
cien años cegada por las nuevas tierras
quedándote sola, Oh España cayendo
mientras yo te recordaba
Dime
Dime Valencia, Dime Cádiz
Dime Guadalquivir, Dime Guadalajara
Dime Barcelona, y Dime Lucena, Dime
dime Granada y dime Jerez
Dime Tolox y dime Málaga
son como gotas de vino
en mi lengua secada por el desierto
Dime Badalona y dime Salamanca
Dime Vinaroz y dime Algeciras
Dime Ceuta y dime Melilla
En todas las tierras te recordé
En Grecia y en Turquía, en Marruecos
y en Tunez, en Alemania y en Nueva York
Y hasta en Jerusalén
Te añoré
Mientras tú
te deshacías
desaparecías de la historia
metida en tu inquisición, y en tus sótanos
año tras año siglo tras siglo
sin poder admitir tu falta
sin darte cuenta de tu equivocación
perdida tanto tiempo mientras yo
te llevaba en mi Corazón
tu mapa dibujado en mis riñones
Como un pájaro sin alas
sobre un elefante
visitaba tus cementerios de guerras
de muertes, de sambenitos y de sanmalditos
Creías que me estabas matando
y sin darte cuenta te convertiste
en el cementerio de Europa
Creías que me estabas convenciendo
para ser buen cristiano
mientras solo exponías tus lagunas
Tu maldito dios humano
tu fe equivocada
después de haber cotizado financiado tu reconquista
con dinero judío
Tu maldito dios humano
y traidor
él nunca te perdonó
aunque nosotros, tus judíos,
estábamos siempre dispuestos a volver, a olvidar.
Tu maldito dios humano
te llevó al infierno, falta tras falta
de maldición en maldición
de sangre en sangre
y hoy Te digo
He vuelto a reclamar
todo lo que es mío
He vuelto a reclamar mi lengua
y mis llaves y mis trajes
mis huellas mis mares
mis olas mis playas
mis sombras mis letras en el barro
mis casas y mis libros
He vuelto a reclamar todo
para que me lo rechaces
He vuelto a reclamar todo para
poder seguir errando
y recordando
todo lo que nunca podrás
devolver.

NYC 26-4-1999

SUR REVENIR (Version française Rosa Ramos)

Je suis revenu pour réclamer ma langue
Je suis revenu réclamer mes synagogues
mes rabbins et mes poètes
je suis revenu réclamer mon hébreu
et mon espagnol
je suis revenu réclamer mes montagnes
et mes montagnes mes viles
et mes mers
je suis revenu
réclamer mon histoire
et ma santé
mes ongles et mes livres
je suis revenu depuis l’autre bout de l’histoire
pour te raconter mon histoire
je suis revenu après 600 ans
Je suis revenu
je suis revenu porque tu me regardes et tu me jettes
je suis revenu prendre l’or
et tout l’argent
je suis revenu te voir et pour repartir
mais enfin partir par moi-même
Je suis revenu
te voir renaître
après avoir été des os sans chair
après que un jour tu t’es réveillé
sans peau
tandis que je me souvenais de toi
alors que tes poètes
chantaient des poèmes
sur ma tombe
et les souterrains de tes inquisitions
ils allaient me chercher jusqu’au Méxique, jusqu’à Santiago
du Chili, jusqu’à la jungle
et toi aussi tu te refletais dans l’or
tu te voyais riche et belle
cent ans d’illusions de grandeur
croyant que c’était magnifique
d’avoir viré tous tes juifs et tous tes maures
Espagne unie et unique
cent ans aveuglé par les nouvelles terres
restée seule, Ah Espagne tombant
alors que je me souvenais de toi
Dis-moi
Dis-moi Valence, Dis-moi Cadix
Dis-moi Guadalquivir, Dis-moi Guadalajara
Dis-moi Barcelonae et Dis-moi Lucena,
Dis-moi Grenade et dis-moi Xérès
Dis-moi Tolox et dis-moi Málaga
sont comme des gouttes de vin
dans ma langue asséchée par le désert
Badalone et dis-moi Salamanque
Dis-moi Vinaroz et dis-moi Algéciras
Dis-moi Ceuta et dis-moi Melilla
Dans toutes ces terres je me suis souvenu de toi
En Grèce et en Turquie, au Maroc
et en Tunisie, en Allemagne et à New York
Et même en Jérusalem
Tu m’as manque
Tandis que toi
tu te défaisais
disparaissais de l’historie
mise dans ton inquisition, et dans tes souterrains
année après année siècle après siècle
sans pouvoir admettre ta faute
sans te rendre compte de ton erreur
perdu tant de temps alors que moi
je te portais dans mon Coeur
ton plan dessiné dans mes reins
Comme un oiseau sans ailes
sur un éléphant
visitais tes cimetières de guerres
de morts, de san-benitos y de saint- maudits
Tu croyais que tu me tuais
et sans te rendre compte tu t’es converti
dans le cimetière d’Europe
Tu croyais que t’étais en train de me convaincre
pour être un bon chrétien
alors que seulement t’exposais tes lacunes
Ton maudit dieu humain
ta foi erronée
après avoir cotisé financé ta reconquête
avec de l’argent juif
Ton maudit dieu humain
et traître
lui ne t’a jamais pardonnée
encore que nous, tes juifs,
nous étions toujours prêts à revenir, à oublier.
Ton maudit dieu humain
t’a amène à l’enfer, faute après faute
de malédiction en malédiction
de sang en sang
et aujourd’hui je te dis
J’ai revenu réclamer
tout ce qui m’appartiens
Je suis revenu réclamer ma langue
et mes clefs et mes vêtements
mes traces mes mers
mes vagues mes plages
mes ombres mes lettres dans la boue
mes maisons et mes livres
Je suis revenu réclamer tout
pour que tu me refuses
Je suis revenu réclamer tout
pour pouvoir errer encore
et me souvenir de tout
ce que tu ne pourrais jamais me rendre.

NYC 26-4-1999